VOUS
LE VICOMTE
Vous ?
LE MARQUIS
Oui. Si je suis fusillé, eh bien, vous direz à ma mère: « Il est mort digne de vous, digne de son père; il est mort pour ses princes lé^iuuies. »
LE BARON
Comment passerez-vous ?
LE MARQUIS
Avec une livrée. J'aurai l'air d'appartenir à quelque général de l'armée. Mais un passe-port?
LE VICOMTE
J'en ai trois ou quatre en blanc, que la préfecture m'a donnés en cas de besoin.
LE MARQUIS
Eh bien, vite alors!... car il n'y a pas Un instant à perdre... Donnez-moi les lettres... (Appelant.) Germain!
GERMAIS.
3Ionsieur?
IE MARQUIS
Donne-moi une de tes redingotes de livrée, et va chercher un cheval de poste. Tu m'attendras au coin de la rue de Rohan et de la rue Saint-Honoré. J'irai à franc étrier jusqu'à Villers-Cotterets; de là, je passerai à pied... Bien! les lettres du comte d'Artois et du duc de Berry. Vous, voyez ici le duc de...
TOUS
Oui, oui.
LE MARQUIS
Ne dites pas à ma mère où je suis. Elle aime bie; son roi ; mais elle aime encore mieux son fils.
TOUS
Adieu, adieu, mon brave marquis !
LE VICOMTE
Bonne réussite !
LE BARON
Bon voyage, mon ami !
LE MARQUIS
Venez me conduire.