SALICETTI
Mais nous perdrons dix mille hommes.
BONAPARTE
Dix mille, vingt mille, qu'importe ! pourvu qu'il m'en reste trois mille pour y mettre une garnison.
FRÉRON
Ah ! voilà le philanthrope qui ne veut pas brûler huit cents maisons et veut faire tuer dix mille hommes...
BONAPARTE, s'éloignant.
Mais !
CARTAUX
Ainsi donc, citoyen commandant, tiens-toi prêta foudrover la ville.
BONAPARTE
D'ici?
CARTAUX
Oui... Pendant ce temps...
BONAFARTE.
Il y a deux portées de canon.
CARTAUX
Non... Tu peux tirer.
BONAPARTE
Canonniers, commencez le feu.
(Les Canonniers commandent sur toute la ligne : En action ! — Chargez ! Bonaparte pointe la pièce lui-même, prend une mèche, met le feu à la pièce et revient sans regarder où a porté le boulet.)
GASPARIN, qui a regardé attentivement.
Il a raison ; le boulet est tombé à deux cents toises au moins des ouvrages extérieurs.
fréron.
N'importe, ce jeune homme me déplaît: il sent l'aristocrate; mais nous le ferons bien obéir.
GASPARIN
Citoyens, le commandant paraît savoir ce qu'il faut faire mieux que personne; il faudrait le charger... FRÉRON, sans l'écouter, à Cartaux.
Général, viens donner tes ordres, et que, dans une heure, on commence l'attaque.
a parie le suit des yeux avec compassion; Cartaux sort avec Salicetti, Gaspard Fréron, etc.)