LOUP. AIN
Cré coquin ! sire, croyez-vous que ces gueux de Cosaques n'ont pas emporté tout cela pour le mettre dans des cabinets de curiosités?... Ma Colonne surtout!...
NAPOLÉON
Non, mon ami, sois tranquille; d'ailleurs, s'ils l'avaient abattue, nous leur reprendrions assez de canons pour en rc-
fondre une autre. A la côte ! à la côte ! ( Tout le monde s'embarque sur des chaloupes. Napoléon met le pied sur la terre de France. ) Salut, sol sacré! France bien-aimée ! Dieu m'est témoin que je n'aurais jamais remis le pied sur ton rivage, si je ne croyais le faire pour le bonheur de tes fils et le bien du monde ! Monsieur le grand maréchal, laissez approcher ces hommes; ce sont mes enfants. Venez, mes amis; c'est moi, votre empereur, votre père, votre Napoléon...
UN PAYSAN, se jetant à ses pieds.
Sire, je suis un vieux soldat. Je ne croyais jamais vous revoir; je ne vous quitte plus.
NAPOLÉON
Eh bien, vous le voyez, Bertrand, voilà déjà du renfort. Enfants, nous sommes débarqués au milieu d'un bois d'oliviers, c'est de bon augure... Lorrain, ton fusil; voilà le seul coup de fusil qui sera tiré d'ici à Paris. En marche, mes enfants ! à Paris !
TOUS
A Paris ! à Paris !