‹ Théatre [sic]: Paul Jone, L'alchimisteChapitre 166 sur 178 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

FRANCESCA, LE PODESTAT, à cheval, précédé de deux hommes portant, l'un la hannière, et l'autre l'épée; et suivi de Gardes.

FRANCESCA, se jetant à la bride du cheval.

Grâce, monseigneur, grâce !

LE PODESTAT, étonné.

Ah ! qui donc êtes-vous ?

FRANCESCA

Qui je suis. . . juste Dieu ! . . .

Et quelle autre que moi... par ce temps, en ce lieu... Oh ! quelle autre viendrait qu'une épouse éperdue, Vous attendre la nuit au milieu d'une rue?... Vous l'avez condamné si précipitamment, Que vous devez'douter de votre jugement. Eh bien! moi... je vous dis qu'il n'était pas coupable.

Sans doute, je le sais, l'apparence l'accable; Mais plus d'un innocent, que l'on crut criminel, IVa-t-il pas transformé l'échafaud en autel? Mon Dieu ! cela se voit tous les jours, et le blâme Retombe sur celui qui condamne...

LE PODESTAT

Madame...

Nous avons, pour douter, trop de faits dans les mains !

FRANCESCA

Ces faits... qui les a vus?... vos yeux... des yeux hu-

[mains ! . . .

Quand le regard de Dieu parfois lui-même s'use A pénétrer au fond de nos coeurs pleins de ruse... Ah!... vous ne doutez pas!... Eh bien!... je vous le dis. Ceux qui ne doutent pas d'avance sont maudits!... Car ils ont une part de cet orgueil funeste Qui fit perdre à Satan le royaume céleste. Vous ne connaissiez donc Fasio que de nom? Oh! lui ! tuer quelqu'un ! ... lui, si doux ! . . . lui, si bon! . . . Lui!... comprenez-vous bien? commettre un crime

[infâme!...

Avec son âme d'ange, avec ses mains de femme!...

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