‹ Théatre [sic]: Paul Jone, L'alchimisteChapitre 41 sur 178 · DE NOZAY, LECTOURE, EMMANUEL · texte numérisé non relu

DE NOZAY, LECTOURE, EMMANUEL

LECTOURE

Mais savez-vous que c'est une chasse charmante et tout à fait de bonne compagnie; moi aussi, j'ai des marais, des étangs et des canards; je demanderai à mon intendant où tout cela est. Emmanuel, voilà monsieur qui me dit une chose fort curieuse. Et prenez-vous beaucoup de canards de cette manière?

DE NOZAY

Immensément.

LECTOURE

Imaginez-fous que monsieur se met dans l'eau jusqu'au cou... à quelle époque?

DE NOZAY

Mais au mois de décembre ou de janvier.

LECTOURE

Se coiffe d'un potiron et se faufile dans les roseaux ; cela le change au point que les canards ne le reconnaissent pas, et se laissent approcher à portée, n'est-ce pas?

DE NOZAY

Comme d'ici à vous.

LECTOURE

Et monsieur en tue autant qu'il en veut ?

DE NOZAY

Des douzaines.

LECTOURE

Cela doit faire grand plaisir à votre femme, si elle aime les canards.

DE NOZAY

Elle les adore.

Cela doit être une personne fort intéressante?

DE NOZAY, s'inclinant.

Monsieur...

LECTOURE

Je vous assure que, de retour à Versailles, la première chose que je ferai sera de parler de cette chasse au petit lever, et je suis convaincu que Sa Majesté en fera faire l'essai dans la pièce d'eau des Suisses.

EMMANUEL, à demi-voix.

Pardon, baron, mais ce sont des voisins de campagne qu'il est impossible de ne pas recevoir dans une solennité comme celle-ci.

LECTOURE

Comment donc? mais vous auriez grand tort de m'en

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