SCENE II
ACHARD, seul.
Le prêtre et le médecin sont occupés près du marquis. Ainsi Dieu nous appelle en même temps pour rendre le même compte : c'est justice céleste !... Mais est-ce justice humaine de me laisser mourir sans secours et sans consolation, et ne pourrions-nous partager?... Lui, qui craint la mort, garder le médecin ; et à moi, qui suis las de la vie, m'envoyer le prêtre ?... Mais le prêtre... le prêtre !... il aurait entendu la confession ; il aurait reçu les papiers! et la marquise! Oh ! c'est elle, c'est cette femme qui me fait une mort solitaire et désespérée comme ma vie!... Quelques paroles de paix auraient cependant fait descendre tant de tranquillité sur ma dernière heure !... et l'adieu d'une voix consolatrice eût rendu si facile le passage de cette existence à l'autre!... (il renverse la tête.) Dieu ne le veut pas ; résignons-nous à la volonté de Dieu!