‹ ThéâtreChapitre 105 sur 846 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

AMÉLIE, GEORGES, VALENTIN, Domestiques.

GEORGES, donnant une bourse à Valenlin.

Allez, exécutez mes ordres, je veux que mes salons soient éblouissants. N'épargnez point l'argent; vous voyez que j'en ai. (Valentin et les valets sortent. ) Ronjour, chère Amélie! eh quoi! vous ne songez point à votre toilette?

AMELIE, d'un ton bas.

Pardonnez-moi, mon ami... Avez-vous retué les effets?

GEORGES

Ce soir... demain... ce n'est que dans vingtquatre heures... Occupons-Bons maintenant de la fête; rien ne sera plus piquant; je n'aime point ce» réunions bourgeoises, où l'ennui préside avec l'étiquette. Je donne un bal masqué : j'aurai des femmes charmantes; tout «l'Opéra » déguisé.

AMÉLIE

l'arlez plus bas.

CEORGES.

Je veux que ma soirée étonne tout Paris. On vous apportera tout-à-1'heure des bijoux, des parures... Warner a choisi tout cela. Je prétends «nie vous éclipsiez toutes les femmes de mon cercle.

AMÉLIE

Oui... n'élevez point la voix.

GEORGES

Pourquoi? on fera de la musique; Warner m'a fait songer qu'il vous fallait une harpe.

AMÉLIE

Encore Warner! Monsieur, je ne saurais.

GEORGES

Madame, vous saurez faire ce que je désire.

Oui ; ne vous emportez pas.

GEORGES

Mais pourquoi donc celte crainte? pourquoi vos regards toujours tournés vers cette chambre?

AMÉLIE

Non, je vous assure...

GEORGES

Vous vous troublez .. Amélie , quelqu'ur serait-il là?

AMÉLIE

Louise et mon fils.

GEORGES

Pourquoi pâlissez-vous?... Non... vous me cachez un secret... Encore!... Il faut...

AMÉLIE, le retenant.

Mon ami...

GEORGES, déjà retiens.

Vous tremblez... Amélie, si jamais un soupçon pénétrait dans mon ame , vous n'oseriez prévoir ou ma fureur...

AMÉLIE

OCiej!

GEORGES

Je vais...

( Il veut se précipiter djns la chambre, Dermont parait.)

AMELIE, GEORGES, DERMONT.

nERMONT, à Georges.

Demeurez!

GEORGES

Que vois-je?...

DERMONT

N'outragez pas la vertu mêmel

GEORGES , regardant AméTI Dermont !...

AMÉLIE

Au nom de ce que j'ai fait pour vous, v>e l'offensez pas davantage.

GEORGES, à Dermont.

Quel motif vous amène chez moi? Que prétendez-vous ici?

DERMONT

J'ai prétendu revoir la fille de mon frère. J'ai prétendu juger par mes yeux du sort que je lui avais prédit. Je ne me suis pas trompé, et vous avez tenu vos promesses. Quant à vous, monsieur, j'espérais ne jamais enlreindre le serment que j'avais fait de ne plus vous revoir. Votre injuste soupçon, pires d'éclater en violence, a du me le faire oublier; je n'ai rien du plus à vous dire.

(II remonte le théâtre pour sortir, Georges descend'? scène.)

s*to

11e JOURNÉE, SCÈNE VI.

OltLIK, ;\ <oi\ bj»»e , el du gcilf , J son mari. Vous îif le retenez pas?

GEORGES, durement.

Non.

u; hmom , s'auéiaul au fond, el recevant Amélie dans ses bras.

Douce et noble victime, prenez garde de succomber sous le poiils de votre chaîne. Sou- MiKi-vuus du moins tjue vous avez un père, et qu'il veiHe sur vous. Adieu, ma fille.

| lU-rinoirt s'éloigne el sort.— Amélie fond en larmes. — Georges «eut à elle avec nu geste de colère. )

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