‹ ThéâtreChapitre 13 sur 846 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

les mêmes, MADELON, Villageois.

MADELON, pleurant en dehors.

Oh! oh! oh'...

PIERRE LEROUX

Vlà Madelon ! je r'connais ces accents chéris.

MATHIEU

On dirait qu'ail' pleure. Qu'est-ce que t'as, mon enfant?

MADELON

On m'a volé mon àne.

PIERRE LEROUX

Martin ?

MATHIEU

Qu'est-ce qui te l'a volé?

TOUS LES VILLAGEOIS et MADELON.

Cartouche!...

LES PERSONNAGES, répétant.

Cartouche!...

MADELON, pleurant.

Mon pauvre Martin...

PIERRE LEROUX

C'est affreux!... lui qu' j'avais élevé...

SAINT-ALBAN

Ne vous affligez pas, ma pauvre enfant ; tenez,

CAKTOUCH

prenez ma bourse, vous y trouverez de quoi réparer vos pertes.

MADELON, riant

Merci, mon bon monsieur. Oh ! oh ! t'nez, mon oncle, tout c't'or.

MATHIEU

Que de bonté!

MADAME DE MERAN, bas à sa 611e.

Tu l'entends encore?... (haut à Saint-Alban.) Mon ami, cette fois vous me prévenez; mais je ne vous en veux pas.

Fi ! les mauvais cœurs ! ça vous rend-il Martin, tout c't'or? J' veux l'avoir, moi, Martin... Pardon, excuse, monsieur; vous m' demandiez tout à l'heure si j'oserais gagner les deux mille livres promises?.. Eh ben! vous voirez... j' m'enrôle dans les archers, j' sais pas où y en a, mais c'est égal... j' vas les trouver.

SAINT-ALBAN

Dis-moi, cette résolution est-elle bien sérieuse?

PIERRE LEROUX

Un peu , sauf vot' respect.

SAINT-ALBAN, souriant.

.l'admire ce noble enthousiasme, et je veux lui faciliter les moyens d'agir.

(Il tire ses tablettes et écrit.) MADELON.

Qu'est-ce que tu dis donc, Pierre Leroux?

MATHIEU

lis- tu fou?

PIERRE LEROUX

Oh! qu'non!

MADELON

Tu n' me quitteras pas ?

PIERRE LEROUX

Oh ! qu'si! Je suis aussi entêté que Martin, moi ; je vas revenir.

(Il sort un instant.) ALPHONSINE , à Saint-Alban.

Monsieur, à qui donc adressez-vous Pierre?...

SAINT-ALBAN

Soyez tranquille; il ne lui arrivera aucun mal... je le recommande. Mais il ne faut pas le détourner de son projet... il est beau ! qui sait s'il ne lui est pas réservé d'arrêter l'homme que tout le monde craint tant?

MADELON

II est trop bête et trop poltron pour ça, monsieur.

l Pierre Leroux revient avec une canardière sur l'épaule, et au bout de laquelle tient un petit paquet; un grand sabre lui pend dans les jambes.)

PIERRE LEROUX

Me v'ià ! Je n' me crois pas mal.

SAINT-ALBAN

Tiens... ce mot au capitaine facilitera ton admission, (souriant.) On aura soin de toi.

sQfe

PIERRK LEROUX.

Merci, monsieur.

SAINT-ALBAN, à part.

L'imbécile!... (haut.) Dis donc?., où vas-tu?

PIERRE LEROUX

J' sais pas, c'est vrai... Ousque j' trouverai le capitaine des archers?

SAINT-ALBAN

A la ferme des Peupliers, où il a établi son quartier-général.

PIERRE LEROUX

Je la connaissons ben ; c'est sur la route de l'auberge du père Mathieu... Allons! le dessein en est pris.

MATHIEU

J* vais faire une partie de la route avec toi. Adieu, Madelon.

MADELON, pleurant.

Mon pauvre Pierre Leroux!., hou! hou !...

PIERRE LEROUX

Dieu! qu'une femme est faible!... N' pleure donc pas... Adieu, Madelon, je pars!...

(Il sort avec Mathieu et les villageois qui applaudissent à son courage, Madelon les suit en pleurant à chaudes larmes.)

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