SCENE V
ATAR-GULL , BAGUENAUDAIS.
BAGUENAUDAIS, « lui-mcme, regardant Alar-Gull. Il méfait de la peine, ce pauvre moricaud...
ATAR-GULL, sortant de ses réflexions et tournant les yeux vers Baguenaudais. Pourquoi me regaides-tu, blanc?
bague\audais. Tiens, parce que came fait plaisir, quarteron.
atar-gull. Tu as entendu le commandeur... il disait: Le maître va venir; je sais ce qui m'attend... et j'y suis résigné.
bvguenaudais, à part. Pauvre garçon, au lieu de s'en défaire, monsieui devrait bien me le donner pour me servir.
atar-gull Dis-moi, blanc... as-tu un père?
baguenaudais. Je dois en avoir eu un... dans les temps... Mais j'ai maman, par exemple... qu'est portière à Paris, rue Tirechape... la maison à côté du faïencier.
atar-gull. Es-tu bon fils?
BAGUEN vidais. Très-bon fils... c'était toujours moi qui balayais les escaliers à maman ..
ATAR-GULL, à voit basse. Ecoute alors : j'ai un père... vendu comme moi à sir Thomson... tu es le seul blanc qui sache qu'Alar-Gull est le fils du vieux Job; car la même fnnill. d'cscla\es ne peut habiter chez le même colon... ils ne veulent pas, Us cruels, que l'enfant puisse consoler son père... ils craignent que le père ne défende son fils., nous n'avons pas même le droit de souffi ir ensemble.
baguenaudais, ému. Alors je n'en parlerai pas... je le jure sur la tête de Gibecienne.
ATAR-GULL. Job est si vieux. Il ne peut plus travailler, et l'ingialuude des blancs lui refuse une nourriture qu'il est obligé de mendier. Quand Atar-Gull est libre, il va partager en secret sa ration de mais avec son vieux père... mais depuis hier je suis à la chaîne.
baguenaudais. J'entends... vous voulez que j'aille porter cela au vieux Job?
atar-gull. Ton Dieu le récompensera.
BAGUExaldais. Donnez, donnez. Quand il sera à moi... je lui donnerai toutes mes courses... en attendant, je vas faire sa coin mission. Oh ! v'ià quelqu'un; aïe !
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