SCÈNE X. y
ITMKNIL.
N'aie donc pas d'inquiétudes, nous sommes en force; plusieurs de nos camarades se son! déjà introduits comme domestiques, quelquesuns parmi les ouvriers employés pour la fête ; le reste composera la troupe de. chanteurs égyptiens et autres que lu as annoncés.
CARTOUCHE
Fort bien.
DUMÉNIL
Ça marche joliment comme tu vois. D'honneur! je ne puis m empêcher d'admirer ton génie... Je suis chaque jour témoin de tes prodiges, et chaque jour ils m'étonnent malgré moi.
Pauvre esprit!
DUMENIL.
A peine revenu de l'affaire du château de Saint-Alban que. tu médites une seconde expédition. Des papiers t'apprennent que notre victime était sur le point d'épouser la fille de madame de Méran ; une lettre de cette brave femme te prouve qu'il n'est point connu de sa prétendue ni d'aucun de ses gens. Têtu magnifiquement, tu le présentes ici sous son nom, et nous voilà.
CARTOUCHE
Oui, mais il faut nous bâter ; on est sans doute sur nos traces.
DUMENIL.
Tout se prépare pour la fête; nos amis vont venir. J'ai caché ici près toutes nos armes; a ton signal nous nous découvrons, et après nous être débarrassés des importuns, nous nous emparons de l'or, des bijoux...
CARTOUCHE
Et d'Alphonsine.
DUMÉNIL
Comment! tu veux encore?...
CARTOUCHE
Elle est jolie... elle m'appartient.
DUMENIL.
Prends garde !... Ton cœur inaccessible à tout sentiment de pitié se laisse toujours vaincre par tes passions; elles te perdront.
Je ne saurais les surmonter.
DUMÉNIL
Et cette femme... la sœur de Saint-Alban, elle aussi avait captivé tes sens. Qu'est-elle devenue?
CARTOUCHE
Ma foi ! je l'ignore, et je m'en soucie peu ; je la laissai évanouie... Elle aura sans doute péri dans l'incendie. .
DUMÉNIL
C'est ce qui pouvait lui arriver de plus heureux.
CARTOUCHE
On vient... Silence.
CARTOUCIIK