SCENE VII
Les Mêmes, CÉCILE, DÉSIBÉE, LAUBE, MA DELON, Pensionnaires.
madelon. C'est une horreur, une abomination !
l'abbesse. Eh bien! qu'as-tu donc, Madelon?
madelon. Vous allez le savoir, manière ; toutes ces demoiselles viennent se plaindre à vous. Comment! on vole dans cette maison.
l'abbesse. Un vol!
Toutes les jeunes filles entourent l'Abbesse.
toutes. Oui, ma mère.
madelon. Parlez, parlez, mamzelle Désirée.
DÉSIRÉE, en pleurant. Vous savez, ma mère, que la princesse de Vaudemont, ma tante, m'a envoyé pour ma fête un joli porte-crayon en or avec les anneaux en pierreries ; après l'avoir montré ce matin même encore avant la récréation, à toutes mes compagnes, je l'ai renfermé dans mon pupitre ; et après la récréation, en rentrant dans la classe, j'ai trouvé le pupitre ouvert, et le porte-crayon avait disparu.
l'abbesse. Etes-vous bien certaine, Désirée, d'avoir remis ce porte-crayon dans votre pupitre?
DÉSIBÉE. Oui, ma mère.
madelon. C'est une infamie !... jamais je n'ai vu pareille chose chez les capucins.
l'abbesse. Madelon , allez à votre ouvrage.
madelon. J'y vais, ma mère... je me tais... mais si vous m'interrogiez, je pourrais dire...
l'abbesse. Avez-vous quelque révélation à faire sur cet événement ?
madelon. Des ravalations... non, ma mère.
l'abbesse. Je t'ordonne de parler.
madelon. J'ai vu, au moment de la ré-