MATHIEU, PIERRE LEROUX
(Au lever du rideau Mathieu ratisse les allées, et Pierre Leroux mange un énorme morceau de pain et de fromage.)
PIERRE LEROUX, la bouche pleine.
Comme il en ratisse! comme il en ratisse!
MATHIEU
Chien de métier!... je suis tout en nage.
Pari
PIERRE LEROUX
z toujours, père Mathieu, je suis là, moi.
MATHIEU
arbleu ! je le vois bien que tu es là.
PIERRE LEROUX
Puisque vous avez voulu m'aider.
MATHIEU
Eh bien! oui; mais c'est que tu ne m'aides guère, toi. Depuis que je suis ici, tu n'as fait que manger.
CARTOUCHE
PIERRE LEROl X
Faut bien vivre.
MATHIEU
J'quitte mon auberge pour venir passer un jour ou deux avec toi, pour te voir... et me délasser... et tu me fais travailler, jarni ! comme un homme d'corvée.
PIERRE LEROUX
C'est que j'sais qu'chez vous l'travail est un' habitude... et n'faut pas perdre ses habitudes... Oh: là, là, v'ià que j'étouffe; je boirais ben, père
Allons! v'ià qu'il veut boire à présent.
PIERRE LEROUX
Pisque j'étouffe... heureusement que j'ons là une commère qui ne me quitte jamais... En avant la dame Jeanne.
(Il boit à même.) MATHIEU.
C'est pas l'embarras, je nVrais pas fâché de m'arroser un peu aussi... quand tu auras fini.
PIERRE LEROUX
Quand j'aurai fini ? ah ! oui...
( Il continue de boire. On entend chanter dans la coulisse.)
MATHIEU
J'crois qu'j'entends ma nièce.
PIERRE LEROUX
Madelon!... en réserve l'arsenal.
MATHIEU
Donne donc, que j'me rafraîchissions à mon tour.
PIERRE LEROUX
Du tout, du tout, Madelon nous prendrait pour des ivrognes.
MATHIEU-
Mais j'mouronsde soif, moi.
C'est égal, j'tenons trop à l'estime d' vot' nièce pour permettre...
MATHIEU
Que l'diable t'emporte avec ton estime!
PIERRE LEROUX
Silence! la v'ià.