JEAN-LOI 1S , LENOIR
LENOIR , aux domestiques. Merci, VOUS dis je, vos soins me sont inutiles, je ne suis pas blessé. Les chevaux et la voiture ont peut-être besoin de VOUS, ail z voir, car je veux avant une heure reprendre la route de Paris.
jean-loi is. Citoyen, connue le bourgeois n'est pas ici pour cause d'absence , si t'as besoin d' queuqu' chose...
LENOIR. Merci, je ne veux rien.
JEW-LOliS, à [tari. Il n'a pas l'air ain: ble, le citoyen. Il est bien couvert tout d' même. Ce petit maigre-là doit être queuque gros fournisseur de la nation Mais j'y pense, il doit être an fait de la monnaie, il faut que je lui demande ce qu'il pense de mon jaunet. (f/flur.)Sanst'interroiiipre, citoyen vovageur, voudrais-tu me dire si ce ci-devant-là est de bonne qualité?
lenoir. De l'or!..
jr.AN-i.ot is. Eh bien! qu'est-ce qu'il a donc? il regarde ma médaille comme s il n'en avait jamais vu.
LEXOIR. 11 paraît que tu fais de bonnes affaires, l'ami, pour avoi»' de ce métal dont on ne trouve plus guère, Dieu merci! Estce que tu cumulerais les fonctions de palf renier avec celles d homme d'affaires d'émigrés , hein?
jean-louis. Oh! c't œil qu'il me lance!
LENOIR. Sais-tu que tu joues là ta tète?
JEAN-LOUIS, effrayé. Ma tète! ah! mais un instant, je suis trop attaché à ma tète pour la jouer.
lexoir. De qui tiens-tu cette pièce d'or?
jean-louis. Je la tenons de deux jeunes filles qui venont de leux village et qui m'ont chargé de la changer.
lenoir. Tu vas me faire un conte, n'estce pas?
JEAN-LOUIS. Un conte! ah! mon Dieu!
non.
lenoir. Songe que tu parles à l'accusateur public du tribunal révolutionnaire.
JEAN-LOUIS, plus épouvanté. Ah ! monsei-
gneur... je veux dire monsieur. .. non je me trompe. .. citoyen.. . (./ part.) Vlà que j' patauge, je n' sais plus ce que je dis.
LENOIR. Amené-moi cesjcunes filles, je veux les interroger...
j e an-louis. Tout de suite, grand citoyen, elles sont là, et vous verrez. ..c'està-dire tu verras que ça n'est pas des aristocraques. [A part, en sortant.) Ah! mon Dieu ! j 'm'étions mis dans la gueule du loup.
LENOIR, seul.
.le brûle d'arriver à Paris, d'y apprendre l'arrestation de la fille du général... Mais
Hortense die aura suivi son amie
Charles aura protégé leur fuite... Charles! à ce nom, je sons ma fureur s'accroître de tous les tourmens de la jalousie. Il est aimé , et moi , l'on me méprise... Hortense, lu paieras cher...