SCENE vïir
HORTENSE, LENOIR
HORTENSK, à fart. Encore cet homme !
J'espérais mourir avant de le revoir.
LENOIR. .l'ai tard'' à U - rerdix- en ces lieux, ilorlense. mais le temps passé loin de mi n'a pas été perdr.. je l'ai employé à assurer ta grâce; maintenant, tu n'as plus rien à craindre.
l'amitié d'une jeune fille.
iioutense. Que dites-vous, monsieur?
bnoir. Tu oe paraîtra» pas devant l'impitoyable tribunal. Avant une heure, tu seras rendue à la vie et à la liberté. bortensb. Userait vrai?
LENOIR. Pourvu que ce soit à moi que tu consentes à consacrer l'une et l'autre. Deviens la maîtresse de mon cœur, tes fers vont tomber , et les plaisirs de l'opulence vont succéder aux angoisses de la prison.
HORTENSE. Arrêtez, monsieur... cessez un discours qui m'outrage... 0 ciel! m'offrir la vie à dépareilles conditions... vous ai-je donc jamais donné le droit de me mépriser à ce point ?
LENOIR. Songes- y bien : tu as pris la place et le nom d'une proscrite , tes décli rations, les miennes, les actes, les pro- -vei baux, ont constaté l'identité... eu (in tu »s Cécile Glain ville, accusée de haute trabison.
HORTENSE. Je le sais, monsieur, et je
digne du nom que j'ai usurpé.
LE NOIR, Lorsque , dans l'auberge de ÎWeaux , je consentis à ta ruse , tu me fis In pi oinesse.. .
hoktf.ase. D'être à vous ou à l'échafaud .
r i voir. Eh bien ?
HÔRTRHSE. C'est à l'éçbafaud que je me donne.
LBNOlR. Insensée, as-tu compté avec ton courage pour espérer accomplir une pareille résolution ? Crois-tu qu'il y a assez de force, dans ton faible cœur pour braver les tortures du supplice? envisagerastu de sang-froid la hache fatale suspendue sur ta tète?... non, tu ne le pourras; à l'affreux aspect du bourreau, ton secret s'eebappera malgré toi de ton sein ; ta boucbe trahira ton cœur. . . mais il sera trop tard alors...
hoktense. Quelque épouvantable que soit le sort qui m'attend , vous ne verrez pas ployer mon aine sous la crainte de le subir. INon, ma Céc le , je n'effacerai pas par une lâcheté le bapieme d'amitié qui me transmet le nom de la fille du général Clainville. Vous me proposezde m'ouvrir les portes de mon cachot, et moi je vous demande en grâce de les fermer sur moi. lenoir. Mais c'est du délire... de la démence.
hortense. C'est de la probité et de l'honneur. Ces deux mots-là pourront se graver sur ma tombe, car je n'aurai donné à personne le droit de flétrir ma vie. . . . Maintenant, monsieur, faitesvotre devoir, que vous soyez ici l'accusateur, le juge ou le bourreau.
LBNOlR. Eh bien! qu'il soit fait comme
tu ie veux ! dans un moment ton repentu
sera impuissant. Le tribunal révolution* paire va s'assembler, c'est moi qui remplirai le rôle d'accusateur.
nORTE\SE. Et moi, j'invoquerai la justice des juges.
LENOIR , appelant. Mariac !.. rends-moi la liste des accusés qui doivent paraître aujourd'hui devant le tribunal : j'y ai oublié un nom... celui de Cécile Clainville.
Suis-moi.
Ils sortent.