‹ ThéâtreChapitre 257 sur 846 · CHARLES, HORTENSE · texte numérisé non relu

CHARLES, HORTENSE

Hortense est ramenée par un greffier tiui s'éloigne aussitôt. Charles, accablé par sa douleur, est sur le banc.

hortense. La mort ! . . ils l'ont prononcée... {Elle cherche des yeux.) Et Cécile, est-elle partie ?... De qui le savoir? à qui le demander ? qui me dira si elle a francbi le guichet ?... Peut-être cet homme... ce militaire..'

CHARLES, sortant de sa rêverie. Ciel ! Hortense ! . .

HORTENSE, se jetant dans ses bras. Nomme-moi Cécile, entends-tu? c'est Cécile que tu presses sur ton cœur... Cécile condamnée à mort, beureuse de te retrouver, et ne demandant plus rien au ciel, puisqu'elle peut te revoir avant de quitter ce monde.

CHARLES. Mais quel affreux mystère tardes-tu encore à me dévoiler?

HORTENSE. Ton amante, ton épouse accomplit le sacrifice de l'amitié... Ob! ne va pas lui rappeler les sermens de l'amour, ils sont brisés par l'arrêt qui frappait la fille de notre bienfaiteur... N'est-ce pas, il n'y a pas de eboix? il fallait mourir pour elle?

CHARLES, attendri. Mon amie!..

HORTENSE. Tu pleures, Charles Ab !

éloigne-toi, tu ébranlerais ma force.

CHARLES. Ecoute une seule parole : Cécile est fugitive loin d'ici ; le jugement qui la frappe ne peut l'atteindre. En te faisant connaître, la loi n'aurait aucune victime à frapper.

hoktense. Ne eberebe pas à corrompre mon aine; fortifie-moi au contraire contre ma propre faiblesse. Ne donnerais-tu pas

tes jours pour le bienfaiteur qui a pris soin de ta jeunesse? Ne lui abandonnerais-tu pas toutes tes illusions d'amour, tous tes rêves de félicité ? Ton vieux père a donné sa vie pour eux, laisse-moi continuer son œuvre.

Charles. Eb bien ! Hortense, Charles sera de moitié dans le sacrifice. Que feraitil sur une terre où tu ne serais plus ? qui le soutiendrait sans l'espoir de ta possession ? Ces insignes d'honneur dont la na-< tion a récompensé quelques services, je

les foule aux pieds cette arme qu'elle

m'a remise sera brisée contre mon sein.

hortense. Tu vivras, mon Charles ; il faut assurer la fuite et le repos de Cécile... entends-tu?... c'est le dernier vœu d'une aine que Dieu rappelle à lui... Ciel! Cécile!... Elle ne s'est pas encore éloignée!

CHARLES. Elle ici !

hortense. Charles, soyons dignes l'un de l'autre ; si d'un mot tu cherchais à détruire mon ouvrage, ma dernière pensée serait une malédiction pour toi... Cécile ne connaît point l'arrêt qui la condamne, qu'elle l'ignore jusqu'à demain.

Page 1