‹ ThéâtreChapitre 311 sur 846 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

WERNER, JORDANS.

JORDANS.

Eh bien? comment va-t-elle aujourd'hui?..

WERNER

Mieux... beaucoup mieux, mon ami... sa raison se fortifie tous les jours; seulement, la pauvre enfant paraît avoir perdu le souvenir de cette horrible nuit, et quand il nous .arrive de lui en parler , aussitôt ses yeux s'égarent, son visage s'altère... elle s'évanouit... pauvre Caroline !

JORDANS.

Ainsi , vous n'avez encore pu savoir d'elle le moindre détail?

WERNER

Mon Dieu , non , il n'y a rien à savoir de ce côté-là... Je n'ai plus d'autre moyen que ma science !

JORDANS.

Et vous êtes toujours décidé à l'employer cette nuit?

Oui.

JORDANS.

Au souper que donne la Comtesse pour fêter le brillant début du nouveau président criminel ?

WERNER

A la fête qu'elle donne pour célébrer la maladie de Caroline, sans doute? oui, il faut aller jusqu'au bout, tout faire pour découvrir la vérité, dussé-je y périr! Ensuite, la Comtesse et moi ne devons plus nous revoir.

JORDANS.

Vous savez ce qu'il vous convient de faire... en attendant, vos démarches pour remonter à l'origine de ce Frédéric , ont-elles donné quelque résultat ?

WERNER

Eh ! mon Dieu non ! J'ai su qu'il y avait eu dans le pays de Bade, un baron de Muldorf et son fils Frédéric , et que depuis trois ans personne n'en avait plus enten !u parler. Chacun croit le père et le fils morts, à ce qu'il paraît.

JORDANS.

Comment? le père n'a donc rien laissé làbas?

, WERNER

Que sais-je, moi? voulez-vous que je vous dise, Jordans?.. il me semble que si le vieux baron de Muldorf revenait , le futur mari de la comtesse d'Anspach n'oserait pas l'appeler son père...

JORDANS.

Quelle idée! mais, chut! les voici... éloignonsnous un peu. (Ils sortent par le fond.)

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