SCENE IV
MACAIRE , seul, en somnamubulisme.
L'auberge des Adrets ! — Ah! nous y voici! entrons ! — Garçon! garçon !... ici, l'ami! Fais-nous servir incontinent de quoi nous rafraîchir. — Hein ! tu veux manger un morceau , Bertrand ! tu as donc faim ! — Garçon! qu'est-ce que tu as ? — C'est bien ! — Allonssous ces grands arbres -, le grand air nous fera du bien. {Air.) — A ta santé, mon vieux! — Qu'est-ce que j'entends? — Une noce ! bon ! une noce ! j'en suis... je danserai. (Il valse en trébuchant à chaque pas et mime une scène de bal.) Bien des pardons , madame, si je me présente en cet état.... tenue de voyageur ; mais je m'en vais réparer le désordre de ma toilette. — Accompagne-moi sur ton flageolet , petit. — Oh ! oh ! qu'est-ce que c'est? — des gendarmes ! je m'en bats l'œil. — Messieurs, salut! nous sommes des virtuoses qui voyageons avec de $ valeurs considérables en portefeuille... (Air: La belle Annelle, etc.) Oh! que ( (Chantant.) « La belle Annette.
« S'en va seulette « Au fond des bois « Pour y chanter Robin des boii (Parlant.) — Pourquoi ? — Comme quoi ?
« C est pour savoir si le printemps s'avance , « Pour chasser l'échéance « De nos climats d'hiver... ■»
— Si j'emportais sa part et la mienne ! ç\ net pas une mauvaise idée que j'ai là. — Personne ! décampons ! (Il va pour sortir Ah ! je suis assassiné! — de la main d'un ami! — C'est égal , je ne t'en veux pas , Bertrand/ (il tire sa tabatière.) et je t'offre néamoins une prise de tabac. — Arrière ! — Il faut que je m'évade } par quel chemin? la porte , la chemnée , le toit, n'importe ! quand je devrais laisser de ma chair après les clous , «t de mon sang après les poutres !