SCÈNE IV
CHARLES, MACAIRE
citarles. Quitter ce pays ! il le faut!... où irai-je? dans quel lieu trouverai-je des distractions à mes chagrins?
(mac vire , paraissant sur la galerie e'ieye'e qui conduit à sa chambre.)
C'est mon fils :
Je ne l'ai point encore embrasse' d'aujourd^ui ! Eh ! Charles ! Charles !
Charles, avec effroi. Vous, grand Dieu !
macaire. Tu es seul , si je descendais ?
Charles. Gardez-vous en bien 5 on pourrail vous voir.
macaire. Eh bien? — Est-ce que les voyageurs verraient sur mon faciès que je ne suis plus du nombre des vivants que par contrebande? — Mon fils , si l'on m'accuse , vous (liiez que je suis un commensal étranger... un oiseau voyageur .... une passagère hirondelle. — Il c.l \ 1 ai que ces habits sont, comme moi, proscrits et râpés ; pourquoi me les a-t-on rendus? J'en veux d'autres.
Charles. Au nom du ciel , rentrez , rentrez.
macure. Ah! un moment, monsieur, J'ai (5e-r plaintes à vous adresser....
charles. Contre qui?...
macaire. Contre vos gens , qui n'ont pas pour moi tous les égards qu'ils doivent à mon titre de père... et à mes malheurs.
Charles. Parlez, je vous écoute.
macaire. Que je parle comme ça , d'ici ! mais j'ai vraiment l'air de faire la parade. — Tu l'exiges ? Enfin, croirais-tu, mon garçon, qu'à l'heure qu'il est , je n'ai point encore lait mon second déjeûner, et que je n'ai pas même reçu mon journal ! et puis... c'est une horreur... ah ! voilà !... on viendra s'étonner que je ne sois pas au courantdcs affaires politiques et de la rente !