SCÈNE MI
> A>~ETTE , les Piu'x^dchts.
n\>t.tte, accourant. Que faut-il servir à M. le baron ?
éi.oa. Moi, je ne mange pas... un blanc de volaille , un verre d'eau.
le baron. Donnez-nous du vin de Bcaune, du Champagne...
nanette. jNous avons du joli petit vin de Surènc.
le baron. Oh ! je n'en veux pas. — Faisnous servir d'abord de l'absinthe...
want.tte. Monsieur le baron , nous n'eu avons pas.
éloa. Pour du Champague , passe! mais le Beaune sera pour vous , mon père ! j'en buvais autrefois, du vivant de mon mari , pour flatter sa vanité de propriétaire \ mais depuis...
le baron. Oui , telle que vous la voyez , elle est veuve d'un pair de France...
tous. D'un pair de France !
le baron. Oui , d'un pair de France \ il possédait en Bourgogne tout ce fameux clos qui se trouve au pied de Beaune , et bien d'autres propriétés ! mais c'était un dépensier, un mange tout. A sa mort, tous ses biens étaient grevés d'hypothèques, et !a ïuvre enfant est restée sans rien... Heureufcnent que ma fortune'... A sa mort, .je l'ai prise avec moi -, et je lui fais faire le tour du monde pour la distraire. Je veux l'emmener dans l'Amérique du Sud , où j'ai le projet de fonder une colonisation, dont je m'occupe de rassembler les éléments...
Charles, Est-ce nue vous seriez?...
le baron. Oui , monsieur... je veux réunir des hommes intelligents...
pierre. Monsieur et madame la baronne , quand vous voudrez. ? >, uus êtes servis. le baron. C'est bien.
Charles, conduisant Elva par la main.
Par-là , madame.
le baron , revenant sur ses pas. A propos, monsieur-, j'ai là, dans ma berline, une sacoche bien volumineuse , bien lourde, qui contient une assez forte somme... Je n'ai pu trouver l'occasion , dans le voyage , de la changer... ne pourriez-vous pas me la changer contre de l'or, des billets?... 1 Charles. Pardon! c'est facile...
le baron. \ ous me rendriez un véritable service.
ourles. Pierre, tu vas prendre cette sacoche dans la berline de monsieur , et tu la serreras dans cette armoire , qui est sûre... C'est là que les marchands...
(Le baron va pour sortir.) Charles , Parrétant. Pardon ! monsieur , j'ai pensé que vous seriez assez indulgent pour excuser une demande... c'est un projet d'où dépendra peut-être la tranquillité de toute ma vie... vous avez parlé de colonisation ?...
le baron. Voici l'entreprise résumée en quelques mots : on met chaque colon en possession d'une certaine étendue de terre , afin de l'habituer au travail et de ne pas commencer par le brigandage-, puis...
ciîarles. Et quelle somme est nécessaire ?
le baron. Sept ou huit mille francs... s'il travaille, il réalise en fort peu de temps des bénéfices...
Charles. Serait-il bien difficile d'être admis ? deux personnes au nombre de vos colons?...
le baron. Je pourrais encore me charger de quelques hommes de bonne volonté...
mais puis-je connaître?...
cjïarles. Monsieur, l'un que je vous présenterai dans un instant estmon père,- l'autre, c'est moi.
le baron. Vous?
charles. Oui, moi , et je vous renouvelle ma proposition.
le baron. Eh bien ! mon ami , nous verrons n : soyez tranquille ; nous vous offrirons des sûretés pour l'avenir... En attendant , mettons-nous à table.
pierre. C'est par ici , au n.° 17.
le baron. ~S ous pouvez disposer de vos fonds ?
chaules. A l'instant même.