SCENE I
ALFRED, Mme REMI.
ALFRED , la voix enrouée. Un instant , les enfants. Si vous allez de ce train-là , toute ma recette va passer à l'entonnoir.
madame remi. Vous êtes militaire,monsieurP
alfred. Eh non ! je suis artiste dramatique mimique et acrobatique. Vous voyez en moi le drecteur de la société. — Allons, enfants , dépéchons , en route !
ies enfants. Encore un moment ; tout-àl'heurer
Alfred. Do quo' ! moutards? Ils oui :
toute la route pour se reposer. Je ne ferai j.unais rien 3e ça.
i> enfant. J'ai encore faim, là !
Alfred. Ta n pense qu'à manger. ( Lui jetant un morceau de pain.) Tiens, attrape !
r 'enfant. C'te scie ! du pain sec !
hed. Tu raisonnes , moutard ! Si lu
«lais bien professer plus de respect pour iclui-là qui le nourrit ?
l'enfant. Vous me nourrissez, c'est bien le moins; je n peux pas vivre avec les sabres et les couleuvres que j'avale tous les jours.
SCÈ>E II.
Les Précédents , REMI.
hemî , dans la coulisse. (/Z chante.)
Le charbonnier est bon enfant ;
Quand il est gris il n'est pas blanc.
(11 entre avec sa charrette , qu'il remise derrière
un arbre à droite.)
madame remi. Connu' tu viens lard , DOS1 homme !
remt. Ah ! c'est que c'est un drôle d'événement , le coquin qui devait être pendu aujourd'hui , et qui s'est ensauva !
mapavk remi. Bah !
remi. Oui , ma femme : toute la ville était sens dessus dessous ; toute la population était accourue pour voir le coquin ; c'était une foule , un embarras ! "\ là qu' pendant qu' j'étais chez une pratique, j'entends crier: Arrête ! arrête ! C'était mon coquin qui prenait son congé sous la semelle de ses souliers, On le poursuivait, il venait d'eufiler la rue de ma pratique. Je mets la tète à la fenêtre...
MADAME REMI. El Ul l'as VU ?
SEMI. Ah bien oui ! j'ai vu ceux qui le poursuivaient... Il a disparu tout-à-coup comme un enchantement.
madame remi, Qu'est-ce que tu nous racontes là ?
remi. Quand on a vu qu'on ne le voyait ilus , la peur a commencé à prendre à tout e monde... Pour lors , on a fermé les bouiques, on a barricadé les portes, et je me uis dit : Bonsoir aujourd'hui pour le comnerce 5 demain il fera jour...
alfred. Allons! allons... en route...
cn saltimbanque. Quand j'aurai cassé ma route.
madame remi. Je verse à boire ! — Entrez?
anfred. Allons, enfants! je paie la déense. (^i madame Remi.) Combien vous iois-je ?
madame remi. Entrez... on vous dira ça. (Il entre , la troupe s'en va.)
Si :ÈNE IIÏ.
BER TltÀ^'P, sortant de la voiture à «la. jon.
Ouf...
Caché sous les habits d'un esclave africain ! C'est égal ! c'eût été encore pis, si la grande cérémonie avait eu lieu ! Au moins, il me reste encore une bouche pour me plaindre, en attendant que je la fasse servir à une fonction plus active et plus nourrissante. — J'ai un appétit atroce! — J'ai des tiraillements. — 11 y a émeute dans mon estomac, (// approche de la maison.) Oh! quelle odeur ! ça seul l'omelette au lard ! (// regarde par la fenêtre.) Non ! ce sont des pommes de terre à l'huile et du fromage de Gruyère. — Si j'entrais ! Non ! non! Bertrand, pas d'imprudence ! — J'irais mendier la pitié des voyageurs ? Fi donc , caserait me dégrader ! Les attaquer avec mon pistolet, ça serait sortir de mon caractère! — 0 Macaire ! je n'ai jamais senti comme aujourd'hui combien ton appui m'est nécessaire. Ingrat ami ! pourquoi m'as tu forcé de trancher le cours d'une si belle vie? Sans toi, j'ai l'air de l'aveugle qui a perdu son chien.
SCÈINE IV.
ALFRED , M.mi REUI , R! 3ÏÏ.
(Ilssortent de la maison. Bertrand se cache ('rrrièri» les arbres. )
Alfred. Allons... adieu, mes braves gens. Je porte la caisse , et il ne faut pas rester tard sur la roule quand on a du quibas
rertrand, caché. Ah... tu parles latin ?..f
remi. Bon voyage... et pas, de mauvaise rencontre.
eertu vnd , caché. Il n'a pas l'air fort : voilà le camarade qu'il me faut.
alfred. Au revoir; je va rejoindre ma compagnie.