‹ ThéâtreChapitre 366 sur 846 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

MACAIRE , LE BARON , ÉLOA , RERTRAiND.

le baron. Enfin la vérité se derouvre ; j'étais bien sûr qu'on saurait reconnaître que je suis.

nanette. ôlant ses lunettes , son bonnet et s' élançant hors du lit. Qui?... vous?... vous éles un vieux blagueur !

tous. Ah !

le baron. Vraiment, mon gendre, vous êtes un joli garçon !...

macaire. Je vous conseille de parler !

le baron. Je donnais dans vos panneaux.

macaire. Vous me dupiez.

le baron. Vous abusiez de me bonne foi !

macaire. Et vous, criminelle Éloa, l'amour conjugal ne l'a pas emporté dans votre àme sur l'amour filial...

éloa. Hein?... de l'amour filial?... est-ce que je suis sa fille?...

macaire. Comment ! tu n'es pas sa fille , et qui es-tu donc?

le baron. Tout bonnement un enfant trouvé!

macaire, avec dignité. Une mésalliance!... allons ! tous les malheurs à-la-fois ! ...

éloa. Ma naissance est illustre; cet homme m'a enlevée à mes nobles parents, qui me pleurent encore au fond de leur château...

le baron. Elle n'en démordra pas... j'ai beau lui dire que je l'ai trouvée sur la grande route , et que, parce qu'elle était gentile , je l'ai ramassée... elle s'obstine...

éloa. Comment! infâme! tu oses me dire de ces choses-là !

le baron. C'est la pure vérité.

macaire. 0 cruelle ironie! ô profonde immoralité !... vieux filou!..,

éloa. Je vous dis que j'appartiens à des parents honorables...

le baron. Pourquoi doue t'ont-ils si joli-

ment marquée?... un cœur enflammé surmonté d'une couleuvre...

bertrano , avec exaltation. Surmontée d'une couleuvre !... ah!... c'est ma fille l... c'est elle ..

éloa. Vous , mon père !

Bertrand, la pressant clans ses bras. Rassure-toi , mon enfant , tu n'auras , pas à rougir de ton père , de l'ami de l'illustre Robert Macaire !

le baron. Lui ! Robert Macaire !... ô nature! tu ne te démens pas!-.. [Courant vers Macaire les bras ouvert.} Mon fils! mon fils ! . . . [Macaire se sauve , il le poursuit.*)

macaire. Vous , mon pè.ie?...

le baron. Oui ! moi-même , qui eut le malheur d'oublier ton berceau dans un champ d'épinards... O mon fils !...

bertrard. O ma fille !

macaire. Mon père !

éloa. Ah ! avoir vécu isolé sur la terre , et retrouver tout-à-coup une famille au grand complet... voilà de ces coups inattendus... le baron. Embrassons-nous tous...

(Ils s'embrassent.)

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