SCENE VII
MACAIRE , LE BARON , ÉLOA , RERTRAiND.
le baron. Enfin la vérité se derouvre ; j'étais bien sûr qu'on saurait reconnaître que je suis.
nanette. ôlant ses lunettes , son bonnet et s' élançant hors du lit. Qui?... vous?... vous éles un vieux blagueur !
tous. Ah !
le baron. Vraiment, mon gendre, vous êtes un joli garçon !...
macaire. Je vous conseille de parler !
le baron. Je donnais dans vos panneaux.
macaire. Vous me dupiez.
le baron. Vous abusiez de me bonne foi !
macaire. Et vous, criminelle Éloa, l'amour conjugal ne l'a pas emporté dans votre àme sur l'amour filial...
éloa. Hein?... de l'amour filial?... est-ce que je suis sa fille?...
macaire. Comment ! tu n'es pas sa fille , et qui es-tu donc?
le baron. Tout bonnement un enfant trouvé!
macaire, avec dignité. Une mésalliance!... allons ! tous les malheurs à-la-fois ! ...
éloa. Ma naissance est illustre; cet homme m'a enlevée à mes nobles parents, qui me pleurent encore au fond de leur château...
le baron. Elle n'en démordra pas... j'ai beau lui dire que je l'ai trouvée sur la grande route , et que, parce qu'elle était gentile , je l'ai ramassée... elle s'obstine...
éloa. Comment! infâme! tu oses me dire de ces choses-là !
le baron. C'est la pure vérité.
macaire. 0 cruelle ironie! ô profonde immoralité !... vieux filou!..,
éloa. Je vous dis que j'appartiens à des parents honorables...
le baron. Pourquoi doue t'ont-ils si joli-
ment marquée?... un cœur enflammé surmonté d'une couleuvre...
bertrano , avec exaltation. Surmontée d'une couleuvre !... ah!... c'est ma fille l... c'est elle ..
éloa. Vous , mon père !
Bertrand, la pressant clans ses bras. Rassure-toi , mon enfant , tu n'auras , pas à rougir de ton père , de l'ami de l'illustre Robert Macaire !
le baron. Lui ! Robert Macaire !... ô nature! tu ne te démens pas!-.. [Courant vers Macaire les bras ouvert.} Mon fils! mon fils ! . . . [Macaire se sauve , il le poursuit.*)
macaire. Vous , mon pè.ie?...
le baron. Oui ! moi-même , qui eut le malheur d'oublier ton berceau dans un champ d'épinards... O mon fils !...
bertrard. O ma fille !
macaire. Mon père !
éloa. Ah ! avoir vécu isolé sur la terre , et retrouver tout-à-coup une famille au grand complet... voilà de ces coups inattendus... le baron. Embrassons-nous tous...
(Ils s'embrassent.)