‹ ThéâtreChapitre 451 sur 846 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

FURSTEMBERG, LÉONARD DE VINCI, Elèves.

firstemrerg.

Elle est ici!.. J'en suis sur maintenant... que Frédéric en porte la nouvelle au roi, et ne quittons plus Ango. (Il sort.)

LÉONARD DE VINCI, Élèves, GALLIES.

gallies, rentrant.

Il est parti , l'Espagnol !.. bon... il aurait bien voulu me faire jaser , mais en homme courageux... j'ai fui devant le danger... et il ne sait rien, (a Léonard de Vinci.) Eh bien ! maître Léonard, avez-vous fini, hein?

LÉONARD

Oui , mon ami.

GALLIES.

Est-ce bien ressemblant ?

LÉONARD

Je crois qu'oui... Regardez...

(Il lui fait voir la toile que ses élèves ont apportée

et qui est accrochée dans la coulisse hors de vue

du spectateur.)

gallies , battant des mains.

Oh ! comme c'est bien , on dirait qu'elle va parler... (Il prend la main de Léonard et la serre affectueusement.) Vous êtes un brave homme, vous. A la bonne heure , vous ne voulez de mal à personne , et même à l'occasion , vous ne refusez pas un coup de main , quand il faut faire du bien aux autres ! Ce n'est pas comme ce maudit Espagnol.

LÉONARD

Qu'est-ce qu'il vous a fait encore ce maudit Espagnol? voyons!

GALLIES.

A moi? rien.

LÉONARD

Alors, pourquoi lui en vouloir? pourquoi le tant mal traiter ?

GALLIES.

Je n'attends pas qu'un loup m'ait mordu pour j dire que c'est une nie» hante bête.

LÉONARD

Mais Ango tarde bien à venir aujourd'hui. \ Aurait-il eu connaissance de notre projet?

GALLIES.

Oh non ! c'est que la course est bonne... deux I grandes lieues... et le cheval, c'est plus dur j qu'un navire... Vous verrez comme il est changé ! ce pauvre Ango!.. il vous fera peur... le cha- { grin le lue... c'est ce damné voyage de Paris qui l'a dérangé de la tête aux pieds. Il n'est plus le [ robuste et joyeux matelot , le compagnon de Gal- ! lies. 11 ne va plus sur le port. Il cultive les arts, comme vous dites vous autres, il met le nez dans des livres. Je ne le reconnais plus. Il aimait tant sa femme , et puis il a un autre tourment encore. Lui si brave et si ardent au combat , vous le connaissez plus brave et plus ardent que moi-mème , il se voit forcé de languir ici loin de sa Hotte, et moi comme lui, maître Léonard. Ah! mon Dieu , oui , nous sommes obligés de nous croiser les bras, en attendant à Varangeville, pendant que les autres se battent à Lisbonne. 11 faut que nous soyons là , il n'y a pas à dire , pour répondre de notre expédition , sur notre tète , au roi de France. Le poste comme vous voyez, n'est pas moins dangereux ici que là-bas. Eh bien ! l'inquiétude qu'Ango a de sa flotte, le chagrin de son amour, l'inaction de cette solitude , tout cela le rend fou, malade. N'a-t-il pas fait élever un tombeau à sa femme et à lui-même, comme s'ils étaient déjà morts? Ah ! maître Léonard, je n'aurai bientôt plus d'ami.

LÉONARD

Allons, allons, rassurez-vous, nous le sauverons.

GALLIES.

Mais , tenez . je Fentends , attention !

LÉONARD

Vous l'avez prévenue, elle?

GALLIES.

Oui... elle est là.

LÉONARD

C'est bien , tenez-vous près de moi. Quand je verrai le bon moment , je vous ferai signe.

GALLIES.

Maintenant... que Notre-Dame de Bon-Secours nous soit en aide , et je lui brûlerai vingt cierges dans sa chapelle de Saint-Jacques ! (Apercevant Furstemberg.) Toujours cet espagnol avec lui...

e»«»3e©e«c©ee©sesieee>ee>«eee!«oe9e««8«>«©s«©eeeeeeeee««ee©«és<

Page 1