SCÈNE III
Les Mêmes, GALLIES,
gallies, dans sa barque, les vêtemens en désordre.
Ango est mort !
TOUS
Mort !
GALLIES, avec désespoir.
Oui , mon maître , mon pauvre maître! (Il saute de sa barque.) Il est là , étendu dans sa barque , tel que je l'ai recueilli au bas de la grande tour du château!.. Mais aidez-moi donc, s'il pouvait respirer encore... Venez vite... (Les matelots vont à la barque et en tirent le cadavre d'Ango , qu'ils déposent sur la scène au pied du trophée. Gallies s'agenouille auprès.) Mon maître, réveille-toi ! mon maître ! C'est moi, moi , Gallies, ton matelot, ton fidèle Gallies qui te parle... Mon ami , mon frère , réponds-moi ! Je l'appelle frère , et il ne me répond pas... (Au roi qui s'approche avec circonspection.) Ah ! vous pouvez vous en approcher maintenant, il est mort !..
LE ROI
Qui donc l'a tué?
gallies, fièrement.
Personne!.. (Se dressant avec menace devant le roi.) Si quelqu'un l'avait tué!.. (Retombant dans sa douleur.) Mais non , il est mort en mer, où il avait glorieusement vécu!.. Honneur, honneur à Ango de Dieppe , la France a perdu son premier matelot!..
le capitaine.
C'est lui qui m'a confié sa flotte , c'est à lui que je dois remettre les drapeaux ennemis... S'il ne jouit pas vivant de son triomphe, qu'au moins l'étendard royal de Lisbonne lui serve de linceul! (Il jette les drapeaux sur son corps, les matelots défilent autour du corps et jettent dessus des lauriers et des étendards. Tout le monde s'agenouille et se découvre, même le roi.)
FURSTEMBERG, au Roi.
Que Dieu veuille toujours vous sauver ainsi , majesté !
LÉONARD
Quel est donc le grand homme ici , du roi ou du matelot?