SIMIANE, LE DUC
■IMIANS. Midi sonne, monseigneur.
LE DUC. Eli bien?
simiwe. Votre altesse va-t-elle se rendre à la sommation du grand bailli ?
le DUC. Moi? j'irais me mettre entre les mains de ce paysan , pour entendre et subir la sentence qu'il lui plaira de prononcera non, Simiane! Dieu n'a pas fait de moi une altesse souveraine et couronnée pour que j'aille soumettre ma dignité aux caprices du premier venu... si je me rendais encore à des ordres, ce n'est pas moi seulement , mais la royauté tout entière que je jetterais en proieaux mauvaises passions de la multitude.
SlMl ANE. Mais votre altesse sait bien qu'elle n'a rien à craindre de personne.
LE DUC. Rien sans doute pour ma vie; mais pour mon honneur, Simiane, mais pour mon autorité'.. Qui sait l'effet que produirait sur toute cette fouie assemblée qui hurle de joie en m'attendant sur les places, la parole de ce pâtre jugeant et condamnant son prince?.. D'ailleurs il serait mauvais pour cet homme que je me retrouvasse en face de lui; certainement la patience me manquerait à une seconde épreuve, et alors !.. mais, Dieu merci! il n'en sera rien , le grand bailli me laissera désormais tranquille, sois en sûr, et m'épargnera la peine de violer ma parole, en ne tenant pas la sienne... son fils est accusé de meurtre comme moi, et je ne serai pas plus condamné que lui.
VX OFFICIER DES GARDES, annonçant. Un envoyé de messire le grand bailli.
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