‹ ThéâtreChapitre 552 sur 846 · LE DUC, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

LE DUC, LA COMTESSE

LA COMTESSE, en deuil, entrant jtre'ci/ntamment. Monseigneur, je viens vous demander grâce, grâce à genoux...

LE duc, la relevant. Relevez-vous, madame, relevez-vous, et laissez- moi vous remercier d'être venue à moi la première, tandis que je n'osais plus aller à vous... Ah! bénie soyez-vous de m'avoir rendu cette présence chérie, sans laquelle je ne pourrais plus désormais vivre, et dont je ne croyais plus pouvoir espérer le bienfait.

L\ COMTESSE. Monseigneur!

LE duc. Le comte est mort, madame. . .

mort de ma main, je me le rappelle, mais cela a été moins ma faute que la vôtre peut-être. . . {La comtesse fuît un mouvement.') C'est mon amour pour vous, madame, qui m'a fait aller à ce funeste rendez-vous... c'est mon amour qui m'a fait tuer le comte! oui, madame, je le haïssais !.. de vous posséder, cet homme-là me cachait mon soleil et me gâtait ma vie, il fallait que l'un des deux disparût de la terre, et j'ai frémi de joie en sentant son épée se heurter à la mienne... je lui ai dit à lui qu'il mourrait pour sa trahison, mais je me disais à moi qu'il mourrait à cause de son bonheur.

LA comtesse. Ecoutez-moi , monseigneur! écoutez-moi... Il y a un homme qui doit périr, et que moi je dois sauver au prix de ma vie... sa grâce, monseigneur ! . .

LE DUC. Voilà bien long-temps que je souffre, moi; voilà bien long-temps que je souffre sans espoir.'.. Le bonheur me sera-t-il toujours défendu?., le jour où je viendrai mettre à vos pieds mon cœur, ma vie , ma main , ma couronne, dites, madame , les repousserez-vous.

la comtesse. Et vous, monseigneur , la seule prière que je vous adresse , ne l'exaucerez- vous donc pas?

le DUC. Que voulez-vous ?

la comtesse. La grâce de Pierre Tard y, monseigneur.

LE DUC. La grâce de mon assassin!

LA comtesse. Il est innocent...

LE DUC. Lui !

la COMTESSE. On a dû le croire coupable parce qu'il aura, sans nul doute, caché la vérité ; mais vous le saurez innocent, vous, monseigneur, quand je vous l'aurai dite.

LE DUC. Et la vérité ?

MAGASIN THÉÂTRAL

LA comtesse. C'est mon déshonneur...

LE duc. Votre déshonneur!...

la comtesse. Quand le comte vint me dire qu il attendait un homme pour vous

assass.ncr Pjerre était caché dans ma

chambre.

LE Dix. Dans votre chambre, madame?

LA COMTESSE. II avait tout entendu, et, craignant d'être découvert, s'il continuait

se cacher, il s'est présenté au comte tomme l'assassin attendu par lui; et, pour sauver mon honneur, il a donné le sien avec sa vie.... Maintenant que je vous ai tout dit , monseigneur, sauvez-le.

le duc. Mais dans votre chambre, madame, qui 1 avait amené ?

la comtesse. Moi !

le duc. Vous !... Est-ce que vous aimeriez cet homme-là, madame '

LA comtesse. Oui, monseigneur.

le duc. Alors priez pour son aine il

mourra.

la comtesse. Mourir!... Vous m'aviez lait espérer sa grâce pourtant...

le duc. Jel'aurais peut-être faite à mon assassin, madame, mais je ne la ferai pas à mon rival.. Mo„ rival... ce paysan... votre aveu l'a perdu!

la comtesse. Mais vous savez bien, maintenant que Pierre n'est pas coupable!

le DLC. Coupable ou non , que m'importe a moi? ce qui m'importe c'est qu'il meure, et il mourra... Simiane! ^

rnenrC0MTES,SE--Prenez Saide , monseigneur, je parlerai...

LE DUC. Vous?

J;fA°T?SE',Moi!-- Je ^urs dire au giand ba.lh la vérité sur moi et sur vous ;

■ lula^ P.01" «os deux noms, monseigneur : adultère pour le mien, l'assassinat pour le votre. Je la dirai, s'il le faut. J e la dirai au peuple, je la dirai à Dieu...

la l J 1 T m^uent eu* aussi, s'ils vous laissent tuer Pierre pour un meurtre qu'il n a pas commis et qu'il ne voulait pas commettre... alors, moi, je le vengerai.

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