SCENE IX
LE BARON, UN LAQUAIS , puis CHAR- LES.
Etienne. Général, c'est la carte d'un monsieur qui est là, dans l'antichambre-
le baron , lisant. Charles Laroche !.... par quel hasard?... Faites entrer. ( Le laquais sort. ) Voilà une visite bien singulière.
CHARLES. Pardon, monsieur de Ronçay :
j'ai d'abord à vous offrir mes excuses relativement au retard que j'ai apporté à me présenter chez vous. . . il y a plusieurs jours que je devrais être à Saint-Quentin; mais les routes sont si mauvaises !....
LE BARON , préoccupé d'une autre idée.
Vous êtes le cousin de ma femme?
Charles. Oui, monsieur, et l'un des associés de la maison Scaff et compagnie, de Mulhausen.
le baron. Associé de M. Scaff!
Charles. Il me semblait que vous en étiez informé par la lettre que vous avez reçue.
LE baron. La voici. On m'annonce bien l'arrivée d'un associé, mais on ne me le nomme pas.
Charles. C'est qu'au moment où
M. Scaff fermait sa lettre son choix étai» encore incertain.
le baron, à pari. C'est singulier, ce nomlà ne m'était jamais venu dans l'idée.
Charles. Voici mes pouvoirs, ma procuration... l'adresse d'un notaire à Saint- Quentin... homme fort instruit et fort modeste ; il a été député, et n'a jamais rieu demandé pour sa famille.
LEBARON, prenant f adresse . IM. Drouin..
un original mais du reste un parfait
honnête homme.... c'est mon notaire
pour acheter.
Charles. Si vous voulez me mettre à même de commencer notre opération, et de visiter la manufacture?
LE baron, avec un peu de soupçon. Vous êtes bien pressé...
CHARLES. Je ne fais que seconder vos désirs votre dernière lettre était ellemême très-pressante. Vous parliez de l'intention de liquider votre fortune, afin de partir tout de suite pour l'étranger...
LE BARON. Et qui vous a si bien instruit?
Charles. Je suis chargé de la correspondance avec le nord et l'est de la France.
le baron. C'est encore un secret pour ma femme.
Charles. J'entends : c'est une surprise que vous lui ménagez ?
le baron. Sa santé me donne des inquiétudes...
Charles. Et la Faculté vous a conseillé les voyages... l'Italie... c'est le pays des résurrections...
LE baron, à part. Il ne demande pas même à la voir.... cette froideur-là n'tst pas naturelle...
Charles. Cette pauvre cousine !...
LE BARON, à part. Ah ! l'intérêt perce malgré lui...
CHARLES. La chaleur et les variétés du climat seront pour madame la baronne des remèdes souverains... A son âge, la vie a de profondes racines... votre tendresse, vos soins, doivent la lui rendre encore plus chère ! . . .
LE BARON, à part. Il ne sait rien...
Charles. Mais, malgré le désir que j'ai de vous être agréable, il m'est impossible de prolonger mon séjour à Saint-Quentin... des intérêts graves, des expéditions lointaines, me rappellent à Mulhausen...
nous pourrions dès à présent discuter les points principaux.
LE baron. Non... j'ai dans mon cabinet le plan de la manufacture et des terrains, que j'ai fait établir par un arpenteur juré delà ville... plus une estimation approximative des bâtimens et des machines... je
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vais les chercher pour vous les remettre... vous les examinerez... ou vous les soumettra de votre côté, à un architecte
nous en avons ici presque autant que de maisons.
Charles. J'ai avec moi un jeune ingénieur des ponts-et-chausséesqui m'accompagnera dans la visite d'expertise que nous aurons à faire.
le baroim. C'est encore mieux; restez, je reviens.
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