‹ ThéâtreChapitre 653 sur 846 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

JEAN, D'ANDREVILLE, MICHEL.

jean. Le voilà! le voilà!...

MICHEL. C'est lui?

jean. Oui, c'est lui-même.

d'andreville. Eh bien! oui, c'est moi!... A qui en ont ces gens-là? Que voulez- vous?

jean. Ce que je veux?... tu me demandes ce que je veux !... Citoyen!... je n'ai pu , devant le représentant , te dire tout ce que j'avais sur le cœur, et puis, j'étais obligé de m'en aller... mais tu le vois, je suis revenu... Viens, viens, que je t'embrasse.

d'andreville. Moi!...

viii u Li.. Ma foi, quoique ex-garde du pavillon, tu as mon estime et je mt risque... Citoyen, je t'embrasse aussi.

D'ANDREVILLE, les repoussant. Un instant, que diable!., avant de recevoir le baiser de deux manans comme vous, je veux savoir pourquoi j'y suis condamné.

JEAN. Quoi! après avoir sauvé mon fils!

d'andreville. Votre fils!... laissez-moi donc tranquille, je ne le connais pas... Moi, être le sauveur de votre fils, moi!... passe pour en être le père, si voire femme

est jolie Eh! vous vous trompez, vous

dis-je!...

JEAN. Nous nous trompons mais

puisque tu as reconnu ton aiguillette que tu as laissé tomber au milieu de l'incendie en emportant mon enfant.

d'andreville. Quoi.' cette aiguillette?..

jean. C'est moi qui l'ai rapportée au capitaine Cerdic... et c'est à elle que tu dois ta grâce.

d'andreville. Malédiction!.... et moi qui croyais! Ah ! de Marsay ! de Marsay !

JEAN. De ÎVIarsay, dis-tu ? Eh bien! son compte est bon à celui-là, il vient d'être condamné à mort par le tribunal révolutionnaire.

d'andreville. Condamné!

Michel. Et il va être exécuté dans une heure.

d'andreville. A mort! dans une heure, dites- vous?... Mais, malheureux, c'est lui, c'est de Marsay qui a sauvé votre fils! cette aiguillette, c'est la sienne.

JEAN. Mais vous l'avez reconnue pour vous appartenir.

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d'andrevii-LE. Je croyais alors que c'était un signe de proscription et non de délivrance; niais, puisqu'il eu est ainsi, je vais trouver le représentant et lui déclarer. . .

MICHEL. Il est trop tard, la sentence est prononcée.

d'andreville. Ah! c'est vrai!., et, juste ou injuste, ils l'exécutent toujours... Un représentantdu peuple ne se trompe jamais, a-t-il dit!... ils étoufferaient ma voix... et pourtant de Marsay ne peut mourir... N'est-ce pas que tu ne veux pas qu'on tue le sauveur de ton enfant?

JEAN. Non certainement, je ne le veux pas... et je suis prêta tout faire...

MICHEL. Et moi aussi.

jea\. Mais quel moyen?...

D* ANDRE VILLE. Allez, réunissez vos amis, vos païens, demandez la grâce de Henri... Allez! (Jean et Michel sortent.) Mais il ne s'agit pas de la demander ici, il faut l'arraclier à l'échafaud!... Qui pourra m'y aider?. ..

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