‹ ThéâtreChapitre 66 sur 846 · CARTOUCHE, ANDRÉ, JACQUES · texte numérisé non relu

CARTOUCHE, ANDRÉ, JACQUES

(Ces deux derniers sortent de récurie en se frottant les yeui )

ANDRÉ

Qu'est-ce que c'est donc que tout c' bruitlà?...

JACQUES

Ça m'a réveillé en sursaut.

ANDRE

J' n'entends plus rien... Dis donc, Jacques, si j' profilions d' la fraîcheur d' la nuit pour nous remettre en route?...

Tu n'es plus fatigué?

ANDRE

Non; et toi?

JACQUES

Ni moi. Attends que je reprenne ma boutique.

(Il va pour prendre son optique.) CARTOCCHE, les apercevant.

ois-je?

ANDRÉ, regardant.

ion Dieu! Jacques, regarde donc!

CARTOUCHE

onnaissez-vous, mes amis?

JACQUES

bon seigneur qui nous a traités si bien

CARTOUCHE

ez madame de Méran.

ANDRE

us reconnaissons!... Ah! jen' vous oumais... Maisqueuqu' vous faites donc ert de ces vilains habits?

CARTOUCHE

ut à mes jours... J'étais sans défiance, des scélérats se sont emparés de

ANDRE

11 faut avertir le père Mathieu... toute la maison...

CARTOUCHE

Gardez-vous-en bien ; je serais obligé de me nommer, et j'ai le plus grand intérêt à ne pas me faire connaître... Si vous ne me délivrez au plus tôt, je suis perdu.

JACQUES

Et que faudrait-il faire pour ça?

CARTOUCHE

II faudrait parvenir jusque dans cette chambre, couper les liens qui me retiennent, et que l'un de vous consentit à prendre ma place.

ANDRÉ

Prendre votre place?...

CARTOUCHE

Ne craignez rien!... c'est à moi seul qu'on en veut. D'ailleurs, à peine délivré j'irai chercher main-forte, et je viendrai vous défendre.

ANDRE

Qu'en dis-tu, Jacques?...

JACQUES

Dame, c'seigneur...il nous a fait du bien ; mais il y a trop d'risques.

ANDRÉ

Tu disais que tu te ferais tuer pour lui ?

Oui... on dit ça... Mais je n' savais pas qu' l'occasion se présenterait sitôt.

CARTOUCHE

Songez que, si vous consentez à me servir, ma reconnaissance sera sans bornes, que mes bienfaits vous attendent, et que vos parents seront à jamais riches et heureux.

ANDRÉ

Quoi!... nos parents...

CARTOUCHE

Je me charge de leur sort, vous dis-je. Mais hàtez-vous ; dans un instant peut-être il sera trop tard.

JACQUES

Allons, c'est décidé... André, prête-moi tes épaules.

ANDRÉ

Ah ! çà, vous m' répondez qu'il ne lui sera pas. fait de mal ?

CARTOUCHE

Je te le promets.

ANDRÉ

Me v'ià.

(Il se place devant la fenêtre, Jacques monte sur ses épaules et saute dans la chambre.)

CARTOUCHE

Tâche de défaire ces nœuds.

J'vasles couper, ça sera plustôlfait... Là, vous v'Ià libre.

CARTOUCHE

CARTOUCHE

Changeons d'habits. (Il lui prend son costume el lui donne le sien.) Maintenant, mets-toi là.

JACQUES

Est-ce que vous allez m'attacher?...

CARTOUCHE

11 le faut; baisse la tête et feins de dormir. Je reviendrai bientôt, (à part.) Compte là-dessus.

JACQUES

N' soyez pas longtemps!...

ANDRÉ

Descendez, j'suis au poste. (Cartouche descend sur ses épaules.) C'est ça, chargez-vous de la boutique, et partons.

CARTOUCHE

Oui, partons... Ciel!... on vient.

ANDRÉ

Rentrons là. . dans l'écurie... Nous sortirons tout à l'heure... Vous aurez l'air de vous éveiller, entendez- vous?

Maudit contretemps !

(Il entre dans l'écurie avec André.)

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