I.K SARREAU
Et vous avez eu ben raison ; vous vivez à l'abri du caprice des souverains.
LA BLOUSE
Et vous pouvez rendre service à vos anciens compagnons.
LE SARREAU
Ah! quelle défilade parmi les rcligionnaires ,
quand on est venu nous avertir que ce gueux de IMaufilalre arrivaiten mission secrète delacourde Versailles auprès du duc Emmanuel !
LA BLOUSE
Le soir même, la moitié des réfugiés décampaient sans crier gare.
PIERRE
Oui, mais avec armes et bagages, ce qui a lui se au duc de Savoie le droit de donner carte blanche à Uautildlre pour courir sus aux dcserteuis-
LA BLOUSE
Il en use, le scélérat, qui nous fait traquer, comme des bête» fauves, par les dragons de son escorte.
PIERRE
A l'heure qu'il est, il y a quelque chose qui m'occupe autrement que ies dragons. .. Prends mes deux outres, Sarreau-Gris; cl toi, La Blouse, les paniers, cl Taisons comme nos chèvres, dégringolons. . sans culbute, si c'est possible. XA.RRGAU, prenant les outres.
Qu'est-ce que tu vois donc?
PIERRE
J" vois, j' vois des nuages blancs là-bas, et j'ai entendu ce matin là-haut un de ces cris mystérieux des montagnes, que, nous autres habitués du
LES CHIENS DU iMONT-SAI.NT-BERNARD.
local, nous n' tenons pas à entendre beaucoup se répéter.
Ils se mettent en route avec les outres et les paniers.
sarreau, après avoir fait lt premier quelques pas, t'arrête, court et regarde à gauche.
Les dragons! les v'Ià, en attendant...
pierre, le poussant par le dos.
Qu'est-ce que ça te fait?
sarreau, reprenant sa route.
Tu as raison.
PIERRE
Voilà le vent qui s'élève aussi; c'est moins gai
que les dragons. ( Après avoir regarde.) Oh! le
vieux Bohème de Joannes est avec eux, c'est autre
chose; méfiez-vous.
On entend siffler le vent.