SCENE YIII
Les Mêmes, les Dragons, LE GUIDE, PIERRE. Un cri éloigne' se fait entendre.
champfleury, prêtant l'oreille.
Qu'est-ce que c'est que ça? (Le même cri plus
MAGASIN THEATRAL
rapproché se répète.) C'est un ami... c'est Pierre!
pierre, montant essoufflé par le sentier adroite qui lui a servi à descendre cl se présentant au milieu d'eux.
Gare la bombe !
Tâtonnement général.
cniMPri.KL-nT.
Pierre! pourquoi?... Qu'y a-t-il donc?
ri erre.
Il y a que les dragons sont à vos troimes.
CHAMPFLEURT.
Bahl
LIÉTARD
A quel sujet?
ALIX
Que veulent-ils Jonc?
PIERRE
L'escouade, cherchant un abri contre le mauvais temps, qui ne vous occupe guère, était venue so réfugier à l'auberge, où je commençais à boire un coup, lorsque le guide de ce vieil escogrifle que nous avons rencontré, le Bohème...
CHAMPFLEURT.
Joannes?
PIERRE
Oui, est venu tout effaré leur dire qu'on avait besoin de leur ministère.
CnAMPFLEURT.
Ça n' peut pas nous r'garder.
PIERRE
On sait c' que c'est que... besoin... le mot ma fait dresser l'oreille... y s'étaient mis à se concerter entre eux, sur le pas de la porte... Je m' suis glissé derrière.
LIÉTARD
Et?...
PIERRE
Et j'ai rien entendu.
CHAMPFLEURY
Alors !
PIERRE
Alors, j'ai dit aux amis buvez toujours et gardez-moi-z'en... j'ai une idée... et je me suis cramponné sur le versant du précipice qui longe le ruban d' queue de sentier que j'ai vu enfiler à mes dragons... je n' m'étais pas trompé... a dix toises d'ici... j'aperçois... en l'air au-d'sus... par là... la tète d'un maudit, le vieux Bohème...
CHAMPFLEURT.
Ah! le gredin!
PIERRE
Il fsait des signes à un autre individu quo je n' voyais pas... il avait l'air de dire avec lo doigt : Ils sont toujours là; et là... qu'il montrait, c'est ici.. Pour y être avant eux j'ai pris un diable de tour qui n'm'a pas arrangé les mains ni les genoux. (On voit en effet ses doigts sanglons et ses genoux à découvert et meurtris à travers ses vêtemens en lambeaux.) Te v'ià prévenu et me v'ià en ligne, situ as besoin de c' qui me reste de force... pour le courage y ne bronche pas.
CHAMPFLEURY
Je le sais bien. (A demi-voix.) Et devant nous deux seulement, tu verrais leurs dragons descen-
dre sus 1' nez, comme des capucins de cartes. (Montrant la femme, le vieillard et l'enfant.) Mais 1' moyen d'abandonner tout çà.!... faut rester, mon garçon, v'ià tout... J' sais d'où le vent souffle; suffit, on tachera de se garer; retourne d'où tu viens ; dans une heure nous serons tous à trinquer au bonheur d'être réunis, ou tu pourras faire un signe de croix à mon intention.
PIERRE
Tu n'as pas besoin d'autre chose?
CHAMPFLEURT.
La Providence fra l' reste.
PIERRE
Allons... (il descend et ne quitte la main de Chcmpfleury qu'au bout du sentier) elle est grande, la Providence Adieu.
LIÉTARD, bas.
Qu'allons-nous devenir?
ctiAMPFLEURT, désignant la masure.
Mettez-vous dans cette masure : quand je vous saurai à l'abri, je s'rai plus tranquille. Alors je me charge de dépister l'ennemi et de vous ramener les secours nécessaires. Cet enfant qui tombe de fatigue s'endormira sur les genoux de sa mère, (il détache son manteau) et vous les envelopperez de ma couverture et de la vôtre. Us n'auront pas froid comme ça.
ALIX
Et vous?
CHAMPFLEURT.
Les hommes 1 faites donc pas attention.
<VVWVWVWWUWMVVV\\WVWWVlVW\\iUH\\tt\VWV\\VlVtHWV