‹ ThéâtreChapitre 95 sur 846 · I.E MAGISTRAT · texte numérisé non relu

I.E MAGISTRAT

Vous devez le prévoir: votre déposition défaut la justice est indispensable, et je viens vous inviter a me suivre.

GEORGES

Moi!

AMELIE.

Dieu!...

Quel avilissement '.... comparaître devant un tribunal, entouré d'êtres infâmes! ah! par pitié, monsieur!...

AMELIE, a» magistrat*

Au nom du ciel! épargnez mon époux; voyez le désespoir de son père; on tremble déjà pour ses jours. Ah ! je vous en supplie, ue lui donnez pas le conp de la mort.

LE MAGISTRAT

.Madame, vos prières, les larmes d'un vieillard, la sainteté du nœud que vous venez de former, tout m'invite à céder... Mais votre époux doit me remettre à l 'instant... Que voisje? Grand Dieu! Ces diamants qui vou» parent...

améi:f

Ciel '...

GEORGES, voulant l'entraîner.

Amélie !..

LE MAGISTRAT

Arrêtez, madame; ces diamants doivent être ceux qui ont été volés.

AMÉLIE

Ah!...

Elle arrache son collier , ses bracelets , et les jette. ) WARKED , saisissant la main de Georges. Ne me nomme pas.

AMÉLIE, hors d'ellc-méine.

Les voilà! Grand Dieu! secourez-moi; sau- \ ez-inoi de l'infamie !... PERMO>T, courant à elle , et la recevant dans ses bi..f.

Mon enfant!

GKRM iM, Exécrable lumière!... Jour de lAalédielion!..

Ali ! je me yens m iui ir !..

AMELIE, L'IIS ri l;i UioLl'UK.

Ali!

(I!s se précipitent autour de M. de Gcrmany, qui s'évanouit dans leurs bras, et qui se trouve aussitôt entoura de tous ses domestiques.)

dermoxt , au magistrat.

Monsieur, vous voyez quel danger menace les jours de ce vieillard; vous n'accusez pas sans doute cet imprudent jeune homme d'un crime, d'un vol ? Je vous supplie de ne pas exiger qu'il vous suive en ce moment. Je vous réponds qu'il se présentera devant la justice.

LE MAGISTRAT

Celte assurance, donnée par un liomme tel que vous, suffira, je l'espère, pour faire attendre les renseignements qu'on exige de monsieur. (Aux personnes de sa suite.) Vous pouvez vous retirer.

( Le magistrat se retire. — Ku mfina temps on emporte Gcminnv évanoui. — YVunier sort également. J

SC h! NE XV.

DERMONT , GEORGES , PuiM Ufia AMÉLIE,

LOC1SE, GF.H.MAlNY, et TOUTES LES PER- SONNES DE SA MA^OM.

UKRMONT.

Jusqu'ici, monsieur, j'ai gardé le silence; la douleur, le respect rite I imposaient devant un père accablé si-us le poiils de la honte et de l'ignominie d'un tils indique de lui.

GEORGES, avec fureur.

Monsieur!...

DERMOKT.

Écoutez-moi; j'ai malheureusement le droit de vous l'ordonner. Vous ne devez jamais espérer qu'après l'horrible éclat que viennent de provoquer les vices de votre cœur et leur affreux résultat, je puisse vous laisser l'arbitre du sort de mon infortunée nièce. Non, monsieur, vous ne ferez point une victime de la fi'le de mon frère. C'est à moi de la protéger, ne la défendre, de i» tc.uver de l'abîme où vous l'entraîneriez; et je l'en arracherai, en faisant rompre votre mariage.

GEORGES

Rompre mon mariage! Vous auriez déjà pavé ce mot de votre vie... si cette Amélie, dont je suis maintenant l'époux et le maître, ne vous appartenait par un lien qui vous protège encore. Quoi! c'était donc pour devenir mon délateur que vous nie poursuiviez? Eh I du quel droit prétendez-vous inspecter, ma conduite, régler mes actions, enchaîner mes volontés? Je suis lihre maintenant, je jouis de ma fortune , la loi m'en rend maître ; je suis ici chez moi , et songez que j'ai le droit d'en chasser qui m'outrage.

TRENTE ANS

DKRMOHT.

ingrat! quand je viens d'empêcher...

GEORGES

Quand vous avez l'audace...

DEKMOHT.

Je suis chez mon ami, et ma nièce n'appartiendra jamais à un joueur.

GEORGES

C'est trop braver ma colère ! sortez! sortez d'ici, ou je ne réponds plus...

AMÉLIE, accourant éperdue.

Arrêtez! arrêtez!...

DERMOST , courant'à elle.

Amélie!...

AMÉLIE , à George».

Au nom du ciel! faites silence; calmez votre fureur; étouffez ces cris terribles. Votre père a repris ses sens ; il est là, près de nous. Vous savez combien on redoutait pour lui la plus légère émotion : eh bien ! c'en est fait de lui s'il entend encore votre voix. Déjà sa douleur éteint ses forces, et sa colère va lui donner la mort.

DERMOST.

Tu le vois, malheureux, tu donneras la mort à ton père!

GEORGES, avec emportement.

Que cet homme sorte d'ici!...

AMÉLIE, courant à Dermont.

Mon oncle!

LOUISE, accourant.

Madame! madame! Ah! monsieur Georges!

votre père expirant s'est levé ; il se traîne , il vient, il vous menace...

AMÉLIE, à George*.

Ah! tombez à ses genoux.

DERMOST.

Il n'aura pas de pitié pour son père...

GEORGES, hors de lui.

Non, tant que tu provoqueras ma fureur! Laissez-moi! laissez-moi chasser cet homme...

(Attirée p:;r les cris de Georges, une fouie de personne» de la noce accourt par le jardin , tandis que M. de Germany, dans le plus grand desordre, et s'arracliant de» bras de ses domestiques et de Piodolpbe, sort de ton appartement, et s'arrête près du seuil de la porte.)

GERMANT , à son fil».

Arrête !

GEORGES , immobile.

Ciel!...

AMÉLIE et LOCISE , aux genoux de Germant. Grâce! grâce!...

GERMAKY.

Non ; la voix de Dieu se fait entendre dans les derniers accents d'un mourant. Écoute!... La destine'e du joueur est écrite sur les portes de l'enfer. Fils ingrat! fils déjà parricide! tu seras époux coupable et père dénaturé ; et ta vie s'éteindra dans la misère , le sang et les remords ! '

GEORGES

Mon père !...

GERMAST.

Je te maudis!

(Il tombe.)

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