SCENE I
AMÉLIE et LOUISE, et ensuite VALENTIN.
(Au lever du rideau, Amélie est assise devant un secrétaire; elle écrit et essuie ses veux. — Deux bougies éteintes , et à peu près usées, indiquent qu'elle a passé la nuit. — Après un moment de silence , Louise entre.)
LOCISE.
Déjà levée!... mais non, les bougies sont usées. ( Elle jette un regaj-d dans la chambre à coucher. ) Le lit n'est point dérangé, madame ne s'est pas couchée; elle a encore écrit toute la nuit... (Amélie laisse tomber sa plume, porte sou mouchoir sur ses yeux.) Elle pleure; oui, toujours quanti elle est seule. Ma pauvre maîtresse! depuis quinze années, voilà sa vie!... Quinze années de mariage, et pas un jour, pas un instant de bonheur!. ..Elle parait bien occupée.
(Elle rauge dans l'appartement.) AMÉLIE.
Oui, je dots encore tenter ce dernier effort, non pour me sauver moi-même de l'abîme: je suis la femme d'un joueur, je dois me résigner à souffrir; mais du moins pour préserver mon fils. (Reprenant la plume. ) Achevons.
LOUISE
Elle parle de son fils... Madame?
AMÉLIE
<>'est toi, Louise?
LOUISE
Pardon ; n'avez-vous pas demandé votre tiis?... Il repose encore; mais, si vous voulel I embrasser...
AMÉLIE
Je te remercie, ma bonne Louise. Oui, la présence de mon fils, de mon cher Albert, peut seule caimer mes chagrins; mais, dan* ce moment, c'est de lui, de son avenir quej^ m'occupe.