‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 110 sur 210 · VAI.ÈRE · texte numérisé non relu

VAI.ÈRE

Je sais une veuve.

Belle de deux maisons et de cent mille francs;

Quels yeux à ses appas seraient indifférents?

INEZ

C’est ùn fort bon parti : faites ce mariage.

'géronte.

Le inonde va finir; mon neveu devient sage !j '

VALÉRE

Cet hymen m’enrichit, et j’en veux profiter,

Comme tout bon neveu le doit, pour acquitter, Sans y jeter les yeux, les comptes de tutelle De mon oncle.

GÉRONTE

C’est grand!

INEZ

Une femme peut-elle

Abandonner ses biens à l’époux de son choix?

VALÈRE

Assurément.

INEZ

Je cède à Géronte mes droits.

GÉRONTE

Ah! quel beau trait!

FRONTIN

Fort beau!

INEZ

Mes deux fermes en Brie,

Mes terres au soleil, tant en bois qu’en prairie.

Mes rentes, ma maison sur le pont Saint-Michel,

Mes nippes, mes bijoux...

GÉRONTE

Poursuis, ange du ciel!

INEZ

J’en veux faire présent à Géronte.

VALÈRE

Le dessein.

J’approuve

LE TRICORNE ENCHANTÉ

CÉnOMF.

Cher neveu !

INEZ

Si mon tuteur me trouve Digne d’ètre sa femme, ayant déjà mon bien,

Alors à mon bonheur il ne manquera rien.

GÉRONTE

Quelle délicatesse !

INEZ

Et je serai bien sûre.

Étant pauvre, que c’est par affection pure.

Va. je t’épouserai, sois tranquille.

FRONTIN

Comment

Reconnaître jamais un pareil dévouement ?

INEZ

Faut-il faire un écrit?

VALÈRE

Pour qu’elle soit exacte.

De la donation on dresse un petit acte.

Chez un notaire avec deux témoins pour signer, Maiinette et Frontin vont nous accompagner.

GÉRONTE

Si l'on faisait venir le notaire?

FKONTIX.

Non, certe,

On n’instrumente pas sur une place ouverte.

CÉROKTE.

Au théâtre pourtant cela se passe ainsi.

Mais nous ne jouons pas la comédie ici.

Ib sortent.

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