‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 164 sur 210 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

Achmet, il demi coiivaincu par Roucem, et doutant déjà de la vision, qu’il met sur le compte de l’opium, commande qu’ on fasse revenir les femmes. Nonrnialial, employant toutes les ressources de la coquetterie, réveille dans le cœur d’Achmet l’ancienne passion qu’il avait pour elle. Achmet, reconquis à la réalité, va pour jeter le mouchoir à Nourmahal ; mais la Péri, qui, dès le commencement de cette scène, a reparu, invisible pour tous, saisit le mouchoir, le jette à terre, le foule aux pieds, et remet dans les mains d’Achmet le bouquet mystérieux, preuve de la vérité de son rêve. Tous les souvenirs d’Achmet se réveillent avec force; il porte l’étoile à sa bouche, et la Péri se révèle à lui, triste, affligée. — Quoi! e.st-ce ainsi que tu mérites d’être l’amant d’un esprit supérieur? Te voici déjà retombé dans les liens terrestres ! je ne veux pas d’un cœur partagé. Adieu! — Elle disparaît, emportant avec elle le sélam magique, dont Achmet n’est jilus digne. — Xourmahal, étonnée de tout cela et de la froideur subite qui succède aux protestations d’amour

LA l’KHI.

d’Achmet, a recours d’abord aux larmes, aux supplications; puis elle éclate en reproches. Aclunet, fiatigué de ses obsessions, la repousse, la chasse et la vend au marchand d’esclaves, Ommèyl, sans se laisser attendrir par les prières des autres odalisques. La Péri, redevenue visible, heureuse de son triomphe, frappe de joie dans ses petites mains, et, se penchant sur l’épaule d’Achmet, elle lui rend le bouquet magique. — Nourmahal sort avec le marchand on faisant un geste de menace et de vengeance.

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