SCÈNE VIH
Une prison d^ns la forlcressn. — Arceaux mauresques, iiiui ailles sombres bariolées de versets du Koran. — Au l'oiid une fenêtre grillée.
Aclimet, prisonnier, tâche de corrompre le gardien du cachot; il n’y peut parvenir, tant est grande la terreur qu’inspire le caractère inflexible du pacha. Après cette tentative inutile, .Achmet découragé laisse tomber sa lètc sur sa poitrine; car il est affreux, même pour l’homme le plus ferme, de mourir si jeune
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el par un si cruel supplice; mais Léïla s’csl mise sous la ju’olection d’Aclunet, elle s’esl jetée aii-devaiit du poignard qui le menaçait; il restera iiiébraiilulde dans sa résolution, il ne la livrera pas et sacriliera pour elle la vie qu’elle lui a sauvée. — Si du moins il avait pu emporter le bouquet magique, il appellerait la Péri à son secours ; mais Nourmalial s’cn est emparée dans sa fureur jalouse et l'a foulé aux pieds. Plus de moyen de la faire apparaître. Pendant qu’il se livre à ces tristes rétlcxions, le mur de la prison s’entr’ouvre et la Péri se dresse subitement devant lui. — Viens avec moi, lui dit-elle, abandonne l’esclave; les verrous et tes grilles s’ouvriroiit d’eux-mèmes pour te laisser passer. Si tu me suis, la liberté, la vie, le soleil, les trésors à pleins coffres, tout ce qu’on peut rêver de plaisirs et deboubeur, de voluptés éternelles. Si tu restes, uu supplice épouvantable, et pour qui? pour une femme, pour une siuqde mortelle, dont la beauté ne doit durer qu’un jour, et qui ne sera bientôt qu’une pincée de poussière, .le t’aime et je suis jalouse de cette Léïla, rends-la à son maître, qui la punira comme elle le mérite pour s’être échappée de sou sérail ; je t’emmènerai dans mon royaume féerique et je te ferai asseoir à mes côtés sur un trône de diamant. — La Péri veut s’assurer par cette dernière éprouve des sentiments d’Achmet, (jui retuse le
LA PKIU.
bonhciir et la puissance à de pareilles conilitions. — Voyant qu’elle ne peut rien obtenir, elle se retire on affectant une colère dédaigneuse.
SCÈxNE IX
Le paclia vient une dernière fois sommer Achmet de livrer l’esclave, et, sur sou refus, il commande aux bourreaux de le saisir et de le lancer par la fenêtre, le long de la muraille hérissée de crochets de ferdisposés de façon à retenir et à déchirer les corps que l’on jette de rintérieur de la tour dans le fossé. — A peine Achmet a-t-il disparu dans le gouffre, que les murs de la prison s’évanouissent, des nuages se lèvent portant des groupes de Pépis : le ciel s’ouvre, et l’on aperçoit un paradis musulman, merveilleuse et fantastique architecture dont Achmet divinisé monte les degrés étincelants en tenant la main de celle dont il est désormais inséparable.
FIN DE r,A PÉRI