‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 182 sur 210 · QUATRIÈME TABLEAU · texte numérisé non relu

QUATRIÈME TABLEAU

Intérieur simple et rustique d’une salle transformée en atelier de peintre ; çà et là, des plâtres, des esquisses appcndues aux murailles, des chevalets, et dans un angle, un grand cadre recouvert d’un voile.

Massimo, fou d’amour et de douleur, n’écoute pas Angiola, sa sœur, qui cherche à le consoler. — Scs regards ne peuvent se détacher d’une esquisse qu’il a faite de souvenir et qui représente Gemma ; cette image semble raviver son chagrin, et sa sœur l’emmène doucement. La jeune comti'sse, cherchant un abri, arrive guidée par Giacomo. Elle reconnaît Angiola et lui conte son évasion du château de Santa-Croce ; jamais elle n’a cessé d’aimer Massimo, et sa trahison apparente provient sans doute d’un enchantement ou d’un pliillre; elle ne peut se l’expliquer autrement; la griffe du diable se montre dans tout cela. Quant à la folie de Massimo, elle se fait fort de la guérir. — Pour l’accoutumer à la revoir, elle se place dans le cadre et se substitue à la peinture, dont elle prend l'attitude. Massimo rentre et voit l’image lui sourire doucement, lui tendre ses bras, se détacher de la bordure et venir à lui. Après une suite de poses coquettement amou-

TIIKATRE.

recises, Gomma fait oomprondro à Massimo qii’olle ii’ost pas un vain fantôme, et peu à peu la raison revient à Massimo — On frappe à la porte avec violence; Gomma, eflVayée, remonte dans son cadre sur lequel on tire un voile. Santa-Croce parait sur le seuil et inspecte la cliand)re du regard ; il est à la reclierche de la jeune comtesse. N’apercevant que des murs et des tableaux, il se retire pour continuer ses poursuites : ce danger évité. Gemma, sous un déguisement de paysanne, accompagnée de Massimo, d'Angiola et de Giacomo, également travestis, lâchera de regagner le château de San Severino. Barbara, la suivante, gagnée par Santa-Croce, et qui croyait servir les amours de sa maîtresse, l’a rejointe toute repentante de sa faute, dont elle a obtenu le pardon.

CINQUIKMK T.\BLE.\L’

Un site monlngneux. — Ravin profond où se jette un torrent traversé par un pont. A droite et à gauche, sentier taillé dans le roc. — Sur le devant, une locanda.

Un cortège nuptial descend de la montagne sur laquelle s’étagent pittoresquement des groupes de jeunes filles et de jeunes garçons, Beppo et Mariella, le plus

(iEMMA.

ijô

joli couple du village, se luarieul, et la uoce se l'ail à la locaïula. Gemma, Massimo, Augiola, Barbara, précédés de Giacomo déguisé en piireraro, tombent au milieu des danses et sont joyeusement accueillis. — Barbara dit la bonne aventure aux jeunes biles; Giaconio joue de la musette; Massimo et la jeune comtesse exécutent une danse des Abruzzes, et Boiiil'accio, grand imbécile du village, est lutiiié par les enfants, qui se moquent de lui.

Sanla-Croce, suivi de ses acolytes, arrive et reconnaît Gemma sous ses babils de paysanne ; il arrête sur elle ses yeux fascinateurs et la contraint de venir se ranger à côté de lui. Massimo cherche à s’y opposer, mais le marquis déploie le contrat de mariage et dit qu’il vient reprendre sa femme comme il eu a le droit; déjil il entraîne Gemma vers le sentier de la montagne. Massimo prétend (pie c’est un imposteur, un sorcier, et ameute les paysans. — Une lutte entre ceuxHÛ et les afbdés du martpiis s’engage; Massimo arrache l’épée de l’un d eux et court par le sentier opposé pour barrer le passage Santa-Croce, qui dépose Gemma sur un quartier de roche au sommet de la montagne et dégaine. Les fers s’engagent, se cherchent, s’évitent, et après ([uelques alternatives, une botte poussée à fond par Massimo touche le marquis. — Le blessé glisse du pont dans le lit du torrent ipii le roule et

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l’engloutit au l'oiid de l’abîme. — Gemma est ramenée sur le devant du théâtre par les paysans, et Massinio la reçoit dans scs bras. — Rien n’empêche plus leur union, à laquelle le comte de SanSeverino ne s’opposera pas, car sa pupille a été sauvée par l’artiste. — La toile tombe sur ce groupe.

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