S.\ TARAS
Je ne te dirai ni qui je suis ni quel est mon malheur ; aucune langue humaine ne pourrait donner une idée de ce que je souffre, aucune oreille ne doit entendre mon nom. Qu’il te suflise de savoir que jamais femme n’a été aimée par un homme comme tu l’es par moi. (A part.) Je commence vraiment à penser ce que je dis. O beauté ! ton effet est aussi puissant sur les diables que sur les anges.
ALIX
Oh ! bien comme cela ! Ta voix est bien la voix des paroles que tu dis ; je te crois maintenant. 11 y a dans ta personne quelque chose de fatal que je ne puis dclinir, qui m’effraye et me charme. On lit sur ton front un malheur irréparable ; tu es de ceux qui ne se consolent pas, et je donnerais ma Aie pour te consoler. Je voudrais être plus belle que je ne suis. Je voudrais être un ange, car il me semble que ce n’est pas assez pour toi d’être simple fille des homrûes.
VIRGO IMMACUI.ATA, au paradis.
Satanas s’attendrit visiblement; il vient de poser sur le front de cette jeune fille un baiser aussi chaste que s’il était sorti du collège depuis quinze jours.
UNE LARME DU ÜIARLE
SATANAS
0 délicieux ressouvenir des voluptés du ciel !
LE BON DIEU
Je vois d’ici se former dans le coin de son œil une perle qui vaut mieux que celle de Cléopâtre. Azraël, rendez grâce au hasard de ce que Satanas soit d’humeur platonique aujourd’hui. Prenez la coupe de diamant et descendez vite recueillir cette précieuse larme ; elle tremble au bout de ses cils et va bientôt
se détacher.
ALIX
Je t’adore ! je suis à toi !
l’horloge de l’éternité.
Un, deux, trois.
AZRAEL
J’arrive à temps ; la perle allait tomber.
l’horloge de l’éter.mté.
Quatre, cinq, six.
SATANAF.
C’est l’heure!... Voilà Azraël. J’ai perdu!
ALIX
Quoi donc? quelle est cette apparition?
AZRAEL
Je suis ton ange gardien. Celui-là, c’est le diable'
Alix s’cvaiiouil.
LA
FAUSSE CONVERSION