‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 65 sur 210 · PAGE · texte numérisé non relu

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C’est très-beau ! — Qui t’aurait, avant cette œuvre pie, Soupçonné de morale et de philanthropie !

GEORGES

Ma disparition, dont ou a tant parlé,

Par là s’explique.

PAUL.-

Où diable étais-tu donc allé?

GEORGES

A ma terre d’Elcy. — Là, travaillant sans trêve Sept ans, comme un sculpteur, j’ai modelé mon rêve.

PAUL

Pour te faire une femme en marbre ; — c’est bien dur. Bien blanc, bien nu, bien froid et tout aussi peu sur : Comment ce beau projet te vint-il à la tête?

GEORGES

Tu venais de partir pour Vienne. — Une coquette Avait à mon orgueil joué l’un de ces tours Que d’avance on prévoit, mais qui blessent toujours. J’étais seul. Cette vie à soi-même pareille Où \ on fera demain ce qu’on a fait la veille.

Me fatiguait. — J’avais assez d’euteiidre, au son Des pièces d’or, chanter la banale chanson.

Et mon spleen s’eimuyait de demander asile

Au temple hospitalier de la Vénus facile.

PAUL

Le vice te donnait soif d’ingénuité,

Comme après une orgie on désire du thé.

GEORGES

Certain soir, ne sachant que faire de moi-mème.

Au Théâtre-Français j’entrai, moi quatrième.

Je m’assis dans un coin mi-veillant, mi-dormanl.

Et j’écoutais la pièce assez distraitement — Un chef-d’œuvre! un joyau de l’ancien répertoire — Comme d’un vieil ami l’on écoule l’histoire.

Les beaux vers cependant produisant leur effet.

Je me sentis bientôt réveillé tout à fait.

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