SCÈNE III
LES- MÊMES, GÊRONTE.
GÉROKTE.
(Ju’esl-ce? on bat Champagne?
FROiMlN.
11 l’a bien inérilé,
Et je voudrais l’avoir encor plus maltraité!
GÉROSTE.
(Jn’a-t-il fait ?
FRosm.
Uien, monsieur, et c’est son plus grand crime: Un laquais fainéant est indigne d’estime;
Car il est bien prouvé qu’on ne l’engage pas Pour cracher dans les puits et se croiser les bras.
GÉRONTE
Mon domesti(iue oisif ! ah ! le lâche courage ! fu me frustres !
CHAMPAGNE
Monsieur, j’ai fini mon ouvrage.
GÉRONTE
kecomllieiice-le !
2iS THÉÂTRE.
FROSTIN.
.\u lieu de garder la maison.
Il hoil au cabaret à perdre la raison !
MARINETTE
Voyez plutôt : le vin iUumine sa trogne,
Kt sur son nez écrit en couleur rouge : Ivrogne !
CIIAHPAGINE.
Si j’ai bu, les poissons dans la Seine sont gris.
GÉRONTE
Est-ce pour te soûler, goinfre, que je t’ai pris '!
CHAMPAGNE
Je suis à jeun.
FRONTIN, le poussant.
Le sol, à son pied qui chancelle.
Semble, par un gros temps, le pont d’une nacelle.
MARINETTE, même jeu.
Il ne danserait pas sur la corde, bien sûr !
FRONTIN, même jeu.
Pour t’appuyer, veux-tu que je t’apporte un mur?
Ne me pousse donc pas !
GÉRONTE
Sac à vin ! brute immonde !
MARINETTE
En cet affreux état pendant qu’il vagabonde. Quelqu’un de ces blondins, hirondelles d’amour
LE TlUCÜKNE ENCHANTÉ. 229
Qui rasent les balcons sur le déclin du jour,
M’aurait qu’à pénétrer jusqu’à vote pupille!
FBONTIN.
Quelqu’un de ces gaillards de morale facile,
.N’aurait qu’à se glisser jusqu’à votre trésor !
GÉROiNTE.
Ciel ! que dites-vous là? Ma pupille ! mon or!
Les galants, les voleurs! Ah! j’en perdrai la tète!
Je te chasse, brigand!
CHAMPAGNE
Monsieur, je vous répète
Que...
GÉRO.NTE.
l’as un mot de plus, ou je t’assoinnie !
CHAMPAGNE
Au moins.
Itendez-moi mon argent.
GÉRONTE
Tu n’as pas de témoins :
Ton argent ! pour les frais de dépôt, je le garde. Sors d’ici, scélérat!
Tous tombent sur Champagne.
CHAMPAGNE, su sauvant.
Au secours ! à la garde !
TllÊATUE.