‹ Théatre (volume 3)Chapitre 118 sur 191 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Une marche commence. La vendange est faite. Un char, orné de pampres et de fleurs, arrive lentement, suivi de tous les paysans et paysannes de la vallée avec leurs paniers pleins de raisins. Un petit Bacchus est porté triomphalement à cheval sur un tonneau, selon la vieille tradition du pays.

On entoure Giselle. On la déclare reine des vendanges... On la couronne de fleurs et de pampres. Loys est plus amoureux que jamais de la jolie vigneronne. La plus folle joie s'empare bientôt de tous les paysans. .

On célèbre la fête des vendanges!... Giselle peut maintenant se livrer à son goût favori ; elle entranie Loys au milieu de la troupe des v. ndangeurs, et danse avec lui, entourée de tout le village, qui se joint bientôt aux jeunes amants, dont le pas se termine par un baiser que Loys donne à Giselle... A cette vue, la fureur, la jalousie de Tenvieux lïilarion n'ont plus de bornes... 11 s'élance au milieu de la foule et déclare à Giselle que Loys est un trompeur^ un suborneur. UN SEIGNEDR dkgdisk!... Giscllc, émue d'abord,

répond à Hilarion qu*il ne sait ce qu'il dit, qu'il a rêvé cela.*. « Ah! je l'ai rêvé, continue le gardechasse... Eh bien, voyez vous-même, s'écrie-t-il en découvrant aux yeux des villageois Tépée et le manteau de Loys. Voilà ce que j'ai trouvé dans sa chaumière... Ce sont là des preuves, j'espère? »

Albert, furieux, s'élance sur Hilarion, qui se cache derrière les villageois.

Giselle, frappée de surprise et de douleur à cette révélation, semble recevoir un coup terrible et s'appuie contre un arbre, chancelante et prête à tomber.

Tous les paysans s'arrêtent consternés! Loys, ou plutôt Albert, court à Giscllc, et,-croyant encore pouvoir nier son rang, cherche à la rassurer, à la calmer par les protestations de sa tendresse. « On la trompe, lui dit-il, il n'est pour elle que Loys, un simple paysan, son'amant, son fiancé! ! ! »

La pauvre fille ne demande pas mieux que de le croii'e. Déjà même l'espoir semble lui revenir au cœur; elle se laisse aller, heureuse et confiante, dans les bras du perfide Albert, lorsque Hilarion, poursuivant sa vengeance, et se rappelant l'ordre du prince à sa suite, de revenir au son du cor, saisit celui d'un des seigneurs, appendu à un arbre, et en sonne avec force... A ce signal, on voit accourir toute la chasse, et le prince sort de la chaumière de Berthe.

Ililarion désigne aux regards du prince, Albert aux genoux de Giselle, et chacun, en reconnaissant le jeune duc, Taccable de saints et de respect. Giselle, en voyant le prince ne peut plus douter de son malheur et du rang élevé de l'adorateur qu'elle croyait son égal.

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