‹ Théatre (volume 3)Chapitre 148 sur 191 · SCÈNE Vin · texte numérisé non relu

SCÈNE Vin

Une prison d^ns la forteresse. — Arceaux mauresques, murailles sombres bariolées de versets du Koran. — Au fond une fenêtre grillée.

Âchmct, prisonnier, tâche de corrompre le gardien du cachot; il n'y peut parvenir, tant est grande la terreur qu'inspire le caractère inflexible du pacha. Après cette tentative inutile, Achmet découragé laisse tomber sa lete sur sa poitrine ; car il est affreux même pour l'homme le plus ferme, de mourir si jeune

et par un si cruel supplice; mais Léïla s'est mise sous la protection d'Achmet, elle s'est jetée au-devant du poignard qui le menaçait; il restera inébranlable dans sa résolution, il ne la livrera pas et sacrifiera pour elle la vie qu'elle lui a sauvée. — Si du moins il avait pu emporter le bouquet magique, il appellerait la Péri à son secours ; mais Nourmahal s'en est emparée dans sa fureur jalouse et l'a foulé aux pieds. Plus de moyen de la faire apparaître. Pendant qu'il se livre à ces tristes réflexions, le mur de la prison s'entr'ouvre et la Péri se dresse subitement devant lui. — Viens avec moi, lui- dit-elle, abandonne l'esclave; les verrous et les grilles s'ouvriront d'eux-mêmes pour te laisser passer. Situ me suis, la liberté, la vie, le soleil, les trésors à pleins coffres, tout ce qu'on peut rêver de plaisirs et de bonheur, de voluptés éternelles. Si tu restes, un supplice épouvantable, et pour qui? pour une femme, pour une simple mortelle, dont la beauté ne doit durer qu'un jour, et qui ne sera bientôt qu'Jne pincée de poussière. Je t'aime et je suis jalouse de cette Léïla, rends-la à son maître, qui la punira comme elle le mérite pour. s'être échappée de son sérail ; je t'emmènerai dans mon royaume féerique et je te ferai asseoir à mes côtés sur uu trôiie de diamant. — La Péri veut s'assurer par cette dernière épreuve des sentiments d'Achmet, qui refuse le

bonheur et la puissance à de pareilles conditions. — Voyant qu'elle ne peut rien obtenir, elle se retire en affectant une colère dédaigneuse.

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