‹ ThéatreChapitre 107 sur 232 · I.E DOCTEl'IÎ · texte numérisé non relu

I.E DOCTEl'IÎ

Pas de mais.

PIERROT

Celte tape est-elle de main morte?

LE DOCTEUR

Oui.

COLOIIBINE, a Pierrot.

Donne-lui plus bas une preuve plus forfe.

PIERROT, lui donnant Je son pied au dcrriiTc,

Cet argument est-il de pied mort?

LE DOCTEUR

Non.

PIERROT

Ces coups, Pour venir d'un défunt, comment les trouvez-vous?

LE DOCTEUR

Fort rudes ; vous frappez à rompre les vertèbres !

PIERROT

Tenez.

LE DOCTEUR

J'ai des amis dans les |>onipes funèbres, Fit si vous m'appliquez des souffliMs aussi forts, Je vous fais empoigner par ipialrc croipic-morls-

PIERROT

Docteur, pour éviter des gourmadcs snns nombre, 'Convenez que je suis un corps et non une ombre.

LE DOCTEUR

Vous êtes bien un corps, j'im conviens.

PIERROT

C'est heureux!

LE DOCTEUR

Être une ombre serait un deslin moins affreux.

PIERROT

Je sens, je vois, j'entends, je marche, je respire.

LE DOCTEUR

Oui, c'est le plus fâcheux.

PIERROT

Et que suis-je?

LE DOCTEUR

Un vampire !

COLOMBINE

Un van)|)ire ! grands dieux !

LE DOCTEUR

Ce teint mat et blafard, Cette lèvre sanglante, avec cet œil hagard, Tout le dit...

COLOMBINE

S'il allait pendant que je repose, M'entr'ouvrir une veine et sucer mon sang rose?

LE DOCTEUR

Sans doute il le fera, car c'est le seul moyen Que les gens de sa sorte aient pour se porter bien.

, PIERROT

N'est-il aucun remède, aucune médecine ?

LE DOCTEUR

Mon Dieu, si !... L'on vous plante un piou dans la poitrine, L'on vous coupe en quartiers, on brûle vos morceaux,

Puis le vent prend la cendre et la jette aux ruisseaux.

COLOMBINE

Quelle liorreur!... A jamais de vous je me si'pare.

PIERUOT.

Ce procédé me semble un tant soit peu barbare.

LE DOCTEUR

J'en connais un plus doux, qu'on pourrait employer : Certaine potion... mais il la faut payer.

PIERROT

Avec quoi?

LE DOCTE IR

Vos boutons gros comme des ampoules, Ont des onces d'Espagne et d;s ducats pour moules.

PlElîROT.

Cbut !

LE DOCTEUR

Un seul me suffit.

PIERROT

Je vais vous le donner.

COLOMUINE.

Vampire ! je me risque à to déboutonner...

Tu ne me fais plus peur, cher Pierrot do mon âme!

Allons, donne un baiser à ta petite femme...

Je ti; dorloterai, je le bichonnerai...

S'il te manque un boulon, je te le recoudrai...

Elle lui arrache les boulons Je »on liahil. PIERROT.

Fort bien ; mais c'est montrer trop de zèle, peut-être, Que les couper soi-même afin de les remettre.

COLOJIBI.NE.

Laisse-moi, dans mes bras, sur mon cœur le presser! Tendre vigne, à l'orineau laisse-moi m'enlacer !

On onlend geindre Arlequin.

Ilumphl

i'IERKUr POSTHUME. 201

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