‹ ThéatreChapitre 122 sur 232 · PROLOGUE DE STRUENSÈE · texte numérisé non relu

PROLOGUE DE STRUENSÈE

Et sa rage médite exil, mort ou prison

Pour l'insolent héros qui n'a pas de bhison.

Struensée éperdu, fou d'ime double ivresse,

Poursuit aveuglément le rêve qu'il caresse;

Mais l'aspic siffle en bas quand l'aigle plane en haut,

Et plus d'un songe d'or finit à l'échafaud.

En vain le saint pasteur qui pleure et qui supplie

Montre à son fils le ciel que son amour oublie,

En vain Rantzau masqué l'avertit dans un bal

Que la haine est armée et guelte le signal ;

11 faut qu'il marche, il faut que son sort s'accomplisse :

Qu'importe la prison, qu'importe le supplice!

Le cercle de sa vie est désormais fermé;

Par la reine, un moment, peut-être il fut aimé !

Et du billot sanglant, autel expiatoire,

Victime et non coupable il monte dans sa gloire

Des fanges de la terre au céleste séjour,

Comme un parfum divin emportant son amour.

Mais le temps fuit, j'entends la basse qui chuchote

Et le violon pleure en essayant sa note.

Paroles, fermez l'aile, et vous, vers, taisez-vous!

Laissez chanter l'orchestre aux sons puissants et doux.

Manuscrit sans date.

FIN DU PROLOÛUE DE STRUENSEE.

(5CÈXES d'orient)

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