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SCÈNE IV

Les odalisques accourent poussées par la curiosité ; elles considèrent altentivemcnt la nouvelle venue. Les unes la trouvent cliarmante, les autres la critiquent. Prendra-t-elle dans le cœur du sultan la place laissée vide par Nourmahal? C'ost la grande ipicslion qui agite le liarcm. F.éïla se itrète avec beaucoup de douceur et de grâce aux avances de ses • onipagnes. Achmet, d'abord un peu contrarié de l'arrivée de Léïla, qui pourrait exciter la jalousie de la Péri, se laisse bientôt aller à des sentiments plus doux. Lmu j)ar une vague ressemblance, il l'intcrrof^-e sur l'emploi rpi'clle occupait dans le si'rail (lu pacha, sur les talents (ju'clle possède. — Je sais les glià/els des meilleurs poêles; je joue de la gnzla; les aimées les plus habiles du Caiic m'ont appris à dajjser. — On apporte une guzla, on l'iiil venir des musiciens ; elle joue et

danse, et le jo.une maître, enchanté, l'admet au nombre de ses odalisques et ordonne à l'eunuque Roucem de tout préparer pour célébrer la réception do la cliarnianle Léïl,;. — La fête commence, les femmes du harem tâchent do surpasser leur jeune rivale. Quatre des plus joUes exécutent un pas en jouant des cymbnles. Au pas de quatre succède un pas de trois. Léiln, qui n'a montré qu'un échantillon de son s.ivoT-faire, reparaît couverte d'un haïe, espèce de manteau bl me qui lui enveloppe tout le corps et lui cache la figure, à l'exceplion des yeux. Elle s'avance au milieu du théâtre, se débarrase de son manteau et s'apprêlo à danser un pas national connu au Caire sous le nom de Pas de Vaheille. — La danseuse cueille une rose : — l'insecte irrité sort en bourdonnant du cahce de la ileur et poursuit l'imprudente, qui tàclie de l'écraser tantôt entre ses mains, tantôt sous son pied. — L'abeille va être prise : un mouchoir dont Léïla relève le coin avec précaution rend ses ailes inutiles. Mais quoi ! elle s'est échappée, et, plus irritée que jamais, elle se glisse dans le corsage de la danseuse, qui la cherche dans les plis de sa veste, dont elle se débarrasse; la lutte continue, l'abeille bourdonne, la jeune fdle tourbillonne, augmentant toujours la vivacité de sa danse. La ceinture va bientôt rejoindre la veste, et Léïla, dans le costume le plus léger, en simple jupe de gaze, continue ses évolutions éblouissantes, et finit, éperdue, haletante, par aller chercher un abri sous la pelisse d'Achmct, qui, ravi d'admiralion, s'incline amoureusement vers elle, et lui couvre, à la mode orientale, le front et la poitrine de pièces d'or. Léïla reçoit modestement les félicitations des assistants et lorsque les femmes se retirent, .Achmet la fait rester auprès de lui. j

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