SCÈNE PREMIÈRE
Au lever du rideau, le roi Douthnianta se promène d'un air é"aré, tantôt à pas lents, tantôt à pas pressés. Il semble faire des efforts pour ressaisir sa mémoire et sa raison perdues. Puis il retombe dans un morne abattement. Son bouffon le suit d'un air de commitéralion.
Des femmes penchées au talcon des kiosques suivent les mouvements du roi avec une sollicitude amoureuse. La reine Hainsati revêtue d'un costume magnifique, ruisselante d'or et de perles, est assise les jambes croisées sur le balcon découpé à jour. Elle joue de la guzla pour attirer l'attention du roi. Au son de l'instrument jouant un air qui doit éveiller des souvenirs, le roi suspend sa niarcbe, lève la tête, cherche à se rappeler oii il a entendu celte mélodie, mais malgré ses efforts il ne peut déchirer le voile d'oubli dont Ta enveloppé la malédiction de l'ermite Ourwasas. 11 a oublié la reine llamsali autrefois sa favoiile.
r.D'2 TIIEVTRE.
Ilamsali dépitée lai-se do coté sa guzla et jette des fleurs symboliques à Douchmanla qui les rainasse, les llalre et ne parait pas comprendre leur bij,'iiificaUon. Le bouffon Brahmine Madliavya les reprend à terre, les arrange en bouquet et lui dit qu'il va ixcitcr par cette conduite la colère de la reine Hanisati, douée d'une humeur peu patiente et assez jalouse. La reine, qui est restée au balcon, aperçoit la pantomime de Madbavya et lui lance pour le punir un gros fruit qui l'atteint à la tète. Le bouffon se livre à des contorsions de douleur exagérées et comiques. Las d'errer, Douchmanta s'asseoit sur un divan ou trône et pour le distraire le bouffon Madhavva lui propose de jouer aux écbecs. Des serviteurs apportent Péchiquier et les pièces où les cavaliers sont remplacés par des éléphants avec leurs mahouts (conducteurs). Une partie s'engage et le bouflon gagne le roi qui ne sait plus le jeu, tant sa raison est profondément troublée par la malédiction de l'ermite.