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SCÈNE IV

PIERROT, seul.

Mouillez-vous, ô mes yeux ! et toi, lèvre attendrie. Baise, sur le pavé, le sol de la patrie ! Aspirez, mes poumon.-, l'air du natal ruisseau ! Bonjour, Paris I... Salut, rue où fut mon berceau !... I^ cabaret encor rit et jase à son angle: A ce cher souvenir l'émotion m'étrangle ; Mon nez qui se dilate aspire avec douceur

Les parfums que répand l'étal du rôtisseur;

Rien n'est changé... Voici la maison de ma femme,

Pauvre femme !... J'ai dû faire un vide en son àrae î

Il le fallait; j'ai fui... Je ne sais pas pourquoi

La juslice s'élait prise d'un goût pour moi ;

Elle s'inquiétait de mes chants à la lune.

De mes moyens de vivre et de chercher fortune;

Pour lui faire sentir son incUsorétion,

Je rompis, un beau jour, la conversation;

Et j'allai, n'aimant pas qu'en route on m'accompagne,

Errer incognito sur les côtes d'Espagne,

Où je fis connaissance avec d'honnêtes gens,

Très-pei"i questionneurs et très-intelligents.

Nous menions, sur la mer, une charmante vie,

Quand notre barque fut aperçue et suivie

Par un corsaire turc plus fin voilier que nous.

Mes braves compagnons se fuent lia(?hei- tous !

Comme il faisait très-chaud, moi, de crainte du hàle,

J'étais allé chercher de l'ombre à fond de cale ;

Mais bientôt, de mon coin brutalement extrait,

Je sentis à mon col un nœud qui le serrait.

Ma pose horizontale en perpendiculaire .

Se changea. J'aperçus, dans l'onde bleue et claire,

Un reflet s'agiter et s'allonger en i,

Je fis un entreciiat, et couac... tout fut fini!

Quel moment !.., Mais le ciel dans sa miséricorde,

Voulut que l'on coupât un peu trop tôt la corde,

Je tombai dans la mer, et, des vagues poussé,

Par dos pêcheurs je fus, près du bord, ramassé.

C'est jouer de bonheur ! Pourtant cette aventure

Me donne, dans le monde, une étrange posture;

Et c'est une apostrophe à rester confondu,

Si quelqu'un me disait : Voyez Pierrot pendu I

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