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SCÈNE IX

LES MÈMES moins CAMUS, puis MADAME BRISSET.

BRISSET, avec effort.

Eh bien, tant mieux, mes amis. Ce sont les modérés qui triomphent. Réjouissons-nous.

MADAME BRISSET, entrant.

Qu'est-ce que vous avez tous, là? Comme vous êtes silencieux! Quelles nouvelles? Est-ce que le ministère Lourien est constitué?

BRISSET, bas.

Non, Lourien a renoncé.

MADAME BRISSET

Et qui est chargé maintenant de constituer le cabinet?

Un silence.

FABREGANT, d'un ton éteint.

Rablot.

MADAME BRISSET, joyeusement.

Rablot? (A Brisset.) Hé! mais dites donc! Hé! mais dites donc! Tu vas peut-être... (A Pinsac.) Il va peutmoe

“ PINSAC.

Non.

MADAME BRISSET

Comment non? Ton ami Rablot? Vous qui êtes si d'accord?

BRISSET

Nous ne sommes pas tout à fait d'accord.

MADAME BRISSET

Mais tu es content qu'il soit au ministère?

BRISSET

Oui... On ne sait jamais... On ne sait jamais si c’est un bien ou si c’est un mal... Ah! je ne sais pas ce que j'ai aujourd’hui... J'ai mal à la tête... Ça ne va pas. (0n sonne.) Et voilà qu’on sonne. Un journaliste encore? Venez par là. Si c’est un journaliste, je lui ferai dire que je n’y suis pas. (Avec explosion.) Ces histoires de politique! Ces tripotages, ces intrigues! Ces marchandages louches. Ah! quelles illusions on se fait! On arrive de sa province plein de zèle et de chaleur, prêt à s'immoler pour la République, et personne n’en parle et personne ne vous parle du pays! Je suis las,

écœuré, à bout! Allons, venez par là...

Ils sortent à gauche.

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