‹ ThéâtreChapitre 242 sur 250 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

PELLOT

11 nous dirait si on va bientôt y couper le cou.

MOILU.

Mais oui, qu’on va y couper le cou, un de ces

matins.

PELLOT

Son pourvoi n’est pas accepté?

MOILU.

Rejeté. Sa grâce aussi.

PELLOT

Comment que tu sais?

MOILU.

Toutes les semaines, je vais monter le bois chez Maître Pérodot, qui l’a défendu en justice. Maître Pérodot, que m'a dit sa bonne, il est parti pour Paris, il y à cinq, six jours. Il s’a jeté aux pieds du président de la République... Il y a baisé ses souyers : « Mon président, qu’y a dit, il faut accorder la grâce à Doré ». Le président y a dit : « Mon fils, je voudrais faire ça pour vous, mais je regrette que c’est impossible ». Testuellement, Maître Pérodot a rapporté la chose à sa bonne, il en avait encore les yeux tout rouges et tout mouillés. (A un cocher qui s'approche et qui passe derrière les commissionaires.) Monsieur le cocher de l’omnibus de l'hôtel du Lion d'Or, ça va toujours, la pelite santé?

LE COCHER

EL toi, vieille ficelle ?

MOILU.

On causait de Doré. T'as pas de nouvelles?

LE COCHER

On va y faire son affaire un de ces jours.

PELLOT

Et sa maman, qu'est-ce qu'é devient?

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