SCÈNE PREMIÈRE M. BAUCHAMP, UN MONSIEUR
LE MONSIEUR
Dites donc, Bauchamp, ce n’est pas ici qu’on joue au bridge?
| BAUCHAMP.
Non, c’est dans l’autre salon, mon ami.
LE MONSIEUR
Eh bien, mon brave Bauchamp, vous êtes content, hein? C’est un beau jour pour vous! Quand on marie
sa fille.
BAUCHAMP.
Oui, mais je vais me trouver bien seul.
LE MONSIEUR
Est-ce que la jeune mariée n’habitera pas avec vous?
BAUCHAMP.
Elle dit ça maintenant, mais avec un jeune ménage on ne sait jamais comment ça tournera.
LE MONSIEUR
Elle est charmante aujourd’hui. Cette robe... en je ne sais pas quoi... moi, je ne m'y connais pas en robes, ça a dû vous coûter cher, cette étoffe-là!
BAUCHAMP.
Oh! oui, ça revient très cher, très cher.
LE MONSIEUR
Et cette soirée? {Bauchamp lève les yeux au ciel.) C’est une bonne idée que de l'avoir donnée dans un hôtel! Comme ça on ne bouleverse pas l’appartement. Et puis, vous avez tant de monde! Mais ça doit vous coûter chaud?
BAUCHAMP.
Quinze francs par tête, et nous aurons à l'hôtel un minimum de trois cents personnes... D'ailleurs, il est bien dépassé.
LE MONSIEUR
Comment fait-on le contrôle ?
BAUCHAMP.
Eh bien, ils ont un employé à la porte; il compte les invités, et je vous assure qu'il les compte bien.
LE MONSIEUR
Et vous avez partagé les frais avec la famille du marié ?
BAUCHAMP.
Oui... oui... je n’ai pas voulu chicaner, bien qu’ils aient beaucoup plus d'invités que moi. Ils connaissent tout Paris, ces animaux-là !
LE MONSIEUR
Le marié a encore ses parents?
BAUCHAMP.
Il a sa mère que voici. Voulez-vous que je vous présente?
LE MONSIEUR
J'ai déjà eu l'honneur d'être présenté à madame... Tombelle. (En se croisant avec madame Tombelle.) Madame.