ACTE II. — LA RENCONTRE
BOUCHA VANNES, se détournant du jeu.
Monsieur vient de Paris f
ROCHEBARON, quittant sa pipe.
Dit-on quelques nouvelles.^
GASSÉ, saluant.
Point. — Corneille toujours met en l'air les cervelles.
Guiche a l'ordre. Ast est duc. Puis des riens à foison.
De trente huguenots on a fait pendaison.
Toujours nombre de duels. Le trois, c'était d'Angennes
Contre Arquien pour avoir porté du point de Gênes;
Lavardin avec Pons s'est rencontré le dix
Pour avoir pris à Pons la femme de Sourdis;
Sourdis avec d'Ailly pour une du théâtre
De Mondori. Le neuf, Nogent avec Lachâtre
Pour avoir mal écrit trois vers de Colletet;
Gorde avec Margaillan, pour l'heure qu'il était;
D'Humière avec Gondi, pour le pas à l'église;
Et puis tous les Brissac contre tous les Soubise
A propos du pari d'un cheval contre un chien.
Enfin, Caussade avec Latournelle, pour rien;
Pour le plaisir. Caussade a tué Latournelle.
BRICHANTEAU
Heureux Paris! les duels ont repris de plus belle!
GASSÉ.
C'est la mode.
BRICHANTEAU
Toujours festins, amours, combats.
On ne peut s'amuser et vivre que là-bas. Baillant.
Mais on s'ennuie ici de façon paternelle !
A Gassé.
Tu dis donc que Caussade a tué Latournelle.''
GASSÉ.
Oui, d'un bon coup d'es';oc.
Examinant les manches de Rochebaron.
Qu'avez-vous là, mon cher.''
Songez que ce n'est plus la mode du bel air. Aiguillettes! boutons! d'honneur, rien n'est plus triste. Des nœuds et des rubans!
BRICHANTEAU
Refais-nous donc la liste De tous ces duels. Qu'en dit le roi .''
GASSÉ.
Le cardinal Est furieux, et veut un prompt remède au mal.
BOUCHAVANNES.
Point de courrier du camp ?
GASSÉ.
Je crois que par surprise Nous avons pris Figuère, ou bien qu'on nous l'a prise.
Réfléchissant.
C'est à nous qu'on l'a prise.
ROCHEBARON.
Et que dit de ce coup Le roi .''
GASSÉ.
Le cardinal n'est pas content du tout.
BRICHANTEAU
Que fait la cour ? Le roi se porte bien sans doute ?